"On a perdu 10 000 buralistes depuis 2003, sans aucun effet sur la santé publique"

Les buralistes tirent la sonnette d'alarme

Président de la fédération des buralistes d’Île-de-France, d’Oise et de Seine-Maritime, Bernard Gasq était l’invité du journal de 18h sur Sud Radio pour aborder la politique anti-tabac du gouvernement.

Les buralistes tirent la sonnette d’alarme. Ces derniers se mobilisent ce mercredi 4 octobre contre la politique anti-tabac du gouvernement, qui prévoit notamment de faire progressivement passer le prix du paquet à 10 euros. Une politique qui fait craindre le pire à Bernard Gasq, président de la fédération des buralistes d’Île-de-France, d’Oise et de Seine-Maritime, et invité du journal de 18h de Sud Radio. "Les 25 000 buralistes de France sont véritablement inquiets. On a peur que ça se traduise par la fermeture de 500 à 1000 bureaux de tabac chaque année, et une perte fiscale de trois milliards d’euros pour l’État", alerte-t-il.

Pour les buralistes, le vrai combat à mener se situe ailleurs. "Nous demandons une traçabilité indépendante du tabac, pour qu’on puisse enfin voir d’où vient le marché parallèle, le marché des ventes hors-réseaux. Il est aujourd’hui inadmissible que l’État soit bafoué de cette manière-là et que les buralistes ferment l’un après l’autre. On a déjà perdu plus de 10 000 buralistes depuis 2003, et on voit bien que ça n’a eu aucun effet sur la santé publique", assure Bernard Gasq.

"Cette traçabilité pourrait permettre d’arrêter les revendeurs sur la place publique, mettre des peines pour le vol et le recel et endiguer ce marché parallèle. Si on laisse aujourd’hui les portes ouvertes vers l’extérieur pour aller acheter du tabac tout en augmentant les prix pour les buralistes, les gens se reporteront sur l’extérieur. On se retrouvera dans une situation où les buralistes n’existeront plus mais il y aura toujours ce problème de santé publique en France, qui coûte très cher à l’État ! Aujourd’hui, il y a 27 millions d’euros qui servent à soigner des gens pour du tabac qui ne sort pas de nos établissements", ajoute-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Bernard Gasq dans le Grand Soir de Sud Radio

 

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