À l'issue des 6 tables rondes portant sur l'immobilier, l'industrie, le numérique ou encore l'alimentation, dans le cadre du Printemps de la planète organisé par Sud Radio, la journaliste Natacha Polony a pris la parole pour tirer les principaux enseignements de cette journée.
Cet événement a abordé des sujets très variés, du numérique à l’alimentation. Est-ce qu’il y a une convergence entre tous ces thèmes pour la transition écologique ?
"Il y a évidemment une nécessité de traiter tous les sujets en même temps. Les transports, les bâtiments, l’alimentation : c’est dans tous les domaines qu’il va falloir agir, et agir d’abord pour décarboner. Par exemple, un grand plan ferroviaire serait une nécessité absolue. Tous ces enjeux passent par une maîtrise de notre production. Il y a un point de départ, c'est la question de l'énergie, c'est avec l'énergie qu'on transforme le monde !"
"Une politique écologique, c’est une politique de souveraineté"
Mais surtout, pour agir dans tous ces domaines, il faut les relier aux problématiques actuelles d’indépendance. Nous voyons à quel point la dépendance aux hydrocarbures et à des productions faites ailleurs nous rend fragiles. En fait, une politique écologique aujourd’hui, c’est une politique de souveraineté. L'écologie ne passera que par une indépendance, en matière énergétique, agricole etc...
Qu'est-ce que la souveraineté ? C'est tout simplement savoir qui décide en dernier ressort. Nous avons vu pendant le Covid que lorsqu'on ne produit pas ce dont on a besoin, s'il y a la moindre crise, ceux qui produisent gardent leur production pour eux, et on se retrouve démunis.
📍🌍 En direct du printemps de la planète @NPolony, fondatrice de la @revuelaudace : « Une politique écologique, c’est une politique d’indépendance et de souveraineté »
— Sud Radio (@SudRadio) April 15, 2026
Un événement à retrouver en replay : https://t.co/X35W2rnN52 pic.twitter.com/uTcgcmbgIp
"Il faut définir les enjeux vitaux de notre nation et produire à nos conditions"
Justement, que signifie cette idée de souveraineté dans la transition écologique ?
"Il faut produire chez nous, selon nos normes et nos valeurs. Cela nécessite de mettre toute la puissance publique au service d’une production décarbonée, propre, pour mieux vivre. Il faut définir les enjeux vitaux de notre nation pour nous permettre de produire à nos conditions, selon nos conceptions des droits sociaux et environnementaux"
Cela implique aussi de déroger à certaines décisions relevant du dogme du libre-échange, à certaines règles européennes, à la marge. L’enjeu est d’être indépendant pour pouvoir décider de notre destin, un destin qui doit préserver la planète et la beauté du monde."
"Quand le consommateur va au moins cher, il arbitre pour un modèle dans lequel il sera perdant"
Vous avez évoqué le rôle des consommateurs. Quel message souhaitez-vous leur adresser ?
"Il faut parler aux consommateurs sans les culpabiliser systématiquement. Ce ne sont pas eux seuls, avec des petits gestes, qui vont changer les choses sans politiques publiques. Mais il faut leur faire prendre conscience qu’ils ne sont pas seulement des consommateurs : ils sont des citoyens, des hommes libres.
Quand ils arbitrent en fonction du prix, en achetant des produits fabriqués à l’autre bout du monde, ils arbitrent en réalité pour un modèle dans lequel ils seront perdants économiquement. L’arbitrage par le prix, le choix du moins cher immédiat, n’est pas tenable.
Le citoyen doit avoir en tête les conséquences de ce qu'il achète. Quand il achète des vêtements sur Shein, il vote pour le fait de travailler jusqu'à 70 ans, car il n'y aura plus de quoi financer notre modèle social s'il n'y a plus d'entreprises en France"
Que pensez-vous de cette initiative du “Printemps de la planète” organisée par Sud Radio ?
C’est une formidable initiative, parce qu’elle réunit des gens d’horizons différents et crée une synergie autour de thématiques souvent traitées de façon décorrélée. Or, tout cela doit être pensé ensemble, de façon synthétique. C’est à nous de mettre en place une politique cohérente qui permette de reprendre la main et de décider ce que nous voulons comme société.
🥕🐮 Agriculture, production locale, bio : quels sont les enjeux de notre alimentation de demain ?
— Sud Radio (@SudRadio) April 15, 2026
⏩ Un dernier thème vital évoqué lors du "Printemps de la Planète" : https://t.co/I0yHyoD3XS
"Un redressement de la France passera par la production sur le sol français"
Vous avez récemment lancé une revue, “L’Audace”. Pouvez-vous nous en dire plus ?
"J’ai lancé en décembre une revue trimestrielle papier qui s’appelle L’Audace. L’idée est de défendre la conviction que nous ne sommes pas condamnés à voir le pays s’effondrer. Nous croyons en un redressement de la France, qui passera par la production sur le sol français. Nous accueillons des gens qui pensent différemment, du moment qu’ils partagent cette idée.
Nous organisons une délibération démocratique, avec des échanges argument contre argument, sans invective, dans la nuance. Et c’est une revue papier parce que nous préférons faire vivre toute une chaîne de production, imprimeurs, distributeurs, libraires, plutôt que de dépendre des plateformes et de leurs algorithmes."