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Moustique tigre : une nouvelle méthode testée à Toulouse pour stopper sa prolifération

Par Christine Bouillot

REPORTAGE SUD RADIO - Face à la progression rapide du moustique tigre sur le territoire, la ville de Toulouse expérimente une méthode innovante de lutte biologique. Chaque semaine, des milliers de mâles stériles sont relâchés dans la nature afin d’empêcher la reproduction de l’espèce et, à terme, réduire sa présence en milieu urbain.

Moustique tigre
Le moustique tigre peut notamment transmettre la dengue. (AFP)

Présent désormais dans une large partie du territoire français, le moustique tigre s’est imposé en quelques années comme un enjeu de santé publique et de qualité de vie. Face à sa prolifération, plusieurs collectivités expérimentent de nouvelles méthodes de lutte, au-delà des traitements classiques.

À Toulouse, la mairie a choisi de tester une solution originale : le lâcher de moustiques mâles stériles, une technique qui vise à empêcher la reproduction de l’espèce.

Un insecte désormais installé partout en France

Le moustique tigre, identifié en France depuis les années 2000, a progressivement colonisé de nombreux départements. Désormais implanté dans une grande partie du pays, il s’adapte facilement aux environnements urbains et se reproduit dans de petites quantités d’eau stagnante, ce qui rend sa prolifération particulièrement difficile à contrôler.

S’il est surtout connu pour ses nuisances quotidiennes, piqûres en journée, gêne estivale, il est aussi surveillé par les autorités sanitaires car il peut, dans certaines conditions, être vecteur de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika.

Face à cette progression rapide, les méthodes de lutte traditionnelles montrent leurs limites, ce qui pousse certaines villes à tester des solutions alternatives.

Des moustiques mâles stériles pour casser le cycle de reproduction

À Toulouse, une expérimentation est menée avec une méthode dite de "technique de l’insecte stérile". Le principe est simple : relâcher dans la nature des moustiques mâles incapables de produire une descendance viable, afin de réduire progressivement la population globale. Dans le cadre de cette opération, des boîtes contenant environ 3 000 moustiques sont ouvertes sur le terrain. Ces insectes sont ensuite dispersés dans la nature pour aller au contact des femelles.

Notre journaliste Christine Bouillot s'est rendue à la rencontre de Florian Vernichon, responsable du développement chez Terratis, qui décrit un processus très encadré à son micro : "Ce sont des boîtes réalisées sur mesure pour transporter les moustiques en grande quantité, de façon à ce qu’ils survivent et arrivent en bonne forme pour faire leur travail", explique-t-il.

L’objectif est de maintenir les moustiques en état optimal jusqu’à leur lâcher, afin de maximiser les chances de reproduction avec les femelles sauvages.

Une reproduction bloquée après l’accouplement

La méthode repose sur une particularité biologique du moustique tigre : la femelle ne s’accouple qu’une seule fois dans sa vie. Une fois fécondée, elle pond des œufs tout au long de son cycle de vie.

Dans le cas des mâles stériles, cette reproduction devient sans effet. Clélia Oliva, cofondatrice de Terratis, explique le principe : "Elles sont capables de s’accoupler et de transférer des spermatozoïdes stériles aux femelles. Toutes celles qui sont accouplées avec nos mâles stériles pondent ensuite des œufs vides."

Ainsi, les œufs ne se développent pas, ce qui permet de réduire progressivement la population de moustiques sans recours massif aux insecticides.

Une stratégie déjà testée dans d’autres villes

L’expérimentation toulousaine s’inscrit dans la durée. Pendant deux ans, environ 200 000 moustiques mâles stériles doivent être lâchés chaque semaine dans différents quartiers de la ville. Mais cette technique, en réalité, n’est pas totalement nouvelle. Plusieurs collectivités en France et à l’étranger ont déjà expérimenté ce type de lutte biologique, avec des résultats jugés encourageants dans certaines zones.

À Toulouse, la mairie s’appuie sur ces expériences pour lancer un programme de plus grande ampleur. Christophe Privas, chargé de mission à la mairie, explique la démarche : "On a découvert cette technique de l’insecte stérile et on s’est rapproché de Brive-la-Gaillarde qui avait commencé."

Si les résultats restent encore à confirmer sur le long terme, cette approche illustre une tendance plus large, le recours croissant à des solutions biologiques et innovantes pour gérer les espèces invasives en milieu urbain.

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