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Montée des prix de l’essence, la colère couve : va-t-on vers un retour des Gilets Jaunes ?

Par La rédaction

La situation économique et sociale entraînent la colère des usagers. La France se dirige-t-elle vers un retour des Gilets Jaunes ?

Le nouveau moyen de communication des gilets jaunes
(Photo by Valérie Dubois / Hans Lucas via AFP)

Selon des chiffres présentés par la CGT, le prix moyen à la pompe était de 1,50 euro en 2021. Aujourd’hui il est de 2,10 euros, soit 40 % d’augmentation liée en grande partie à la crise actuelle au Moyen-Orient. Une situation économique et sociale qui entraîne la colère des usagers, contraints de se déplacer en voiture pour les tâches quotidiennes.
À la sortie d’un supermarché de Seine-et-Marne, le constat est clair pour Jocelyne, femme de ménage. « La nourriture, l’essence, ça coute cher. On se prive de sortie. On est obligés.» Son chariot partiellement rempli devant elle, malgré 120 euros dépensés, elle constate, « c’est très très dur en ce moment.»

Une colère sociale qui couve encore

Si la situation semble très proche de celle qui existait en France en 2018, à l’aube de l’apparition des Gilets Jaunes, il n’y a pas encore de mobilisations d’ampleur. Certains irréductibles manifestants, déjà présents, il y a 8 ans, se regroupent déjà sur les ronds points, avec une portée pas encore significative. Les appels à manifester se multiplient, comme Sylvie, agent administrative, qui se demande au micro de Sud Radio : « on se demande où ils sont les gilets jaunes, il faudrait que ça pète selon moiSur le parking de ce supermarché de Seine-et-Marne, tous les clients rencontrés tiennent le même discours. « On est énervés.», « Je ne sais même pas quoi vous dire tellement je suis en colère », «là, il faut se bouger

Le sentiment d'un déclassement progressif

Inflation, hausse des prix de l’énergie, stagnation des salaires : pour beaucoup, le sentiment dominant est celui d’un déclassement progressif. Ce n’est pas seulement la difficulté à boucler les fins de mois qui alimente le mécontentement, mais l’impression que les efforts demandés deviennent permanents, sans perspective d’amélioration.

Des Gilets jaunes à Givors (Rhône) le 17 novembre 2018. (Photo by JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Mais alors, que faire ?

Le gouvernement, dirigé par Emmanuel Macron et piloté par Sébastien Lecornu, avance sur un fil politique tendu. Des mesures massives comme une baisse généralisée des taxes sur les carburants pèseraient lourd sur les finances publiques et enverraient un signal contradictoire aux engagements climatiques de la France. En revanche, une hausse trop brutale du coût de la vie, notamment pour les dépenses contraintes comme le carburant, peut rapidement rallumer une contestation sociale d’ampleur.

"Il faut des mesures pour le pouvoir d'achat"

Beaucoup de ménages ont le sentiment de devoir s’adapter à une transition énergétique décidée par le gouvernement à travers des taxes toujours plus importantes. Changer de véhicule, se tourner vers l’électrique, déménager plus près de son lieu de travail : autant de solutions théoriques, mais souvent inaccessibles dans la réalité quotidienne.

« Il faut des mesures pour le pouvoir d’achat, parce que là, on se fait juste avoir et on doit dire "amen"», affirmait un couple de retraités en Seine-et-Marne. Une fracture qui avait déjà nourri le mouvement des Gilets Jaunes. Apaiser durablement la situation ne suppose pas seulement de compenser financièrement les perdants, mais de reconstruire un sentiment de justice collective.

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