MeToo politique : "Avec les néo-féministes, nous entrons dans un système de vengeance"

Dans une tribune, 285 femmes veulent "écarter les auteurs de violences sexuelles" en politique. Mais attention aux abus lance Lydia Guirous.

MeToo
Les mots-dièse #MeToo ("moi aussi") et #BalanceTonPorc ont contribué à faire entrer la question du harcèlement sexiste dans le débat public en 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

Une tribune parue dans Le Monde appelle à un MeToo en politique afin de sortir les hommes politique, auteurs d’agressions et de violences sexuelles, de la vie politique. En tout, 285 femmes de gauche l’ont signée.

"Cela devient une tradition à la veille des élections présidentielles : Les néo féministes se mobilisent. Parfois nous avons le droit à la lutte contre les inégalités salariale et d’ailleurs Patrick il faut que l’on en discute hein… car d’après elles, étant une femme, je suis nécessairement victime et discriminée ! Sinon, il y a les sujets des quotas. Et pour la saison 2022, américanisation oblige, nous voilà partis pour une interminable session #MeToo".

Un MeToo plus ciblé, dedié au monde politique cette fois-ci non ?

"Oui, on eu MeToo au cinéma, dans le monde médiatique, universitaire et maintenant le voilà qui arrive en politique. Cette tribune est bien de "gôche" car c’est bien connu il n’y a que les femmes de "gôche"qui ont le monopole du féminisme et du combat pour l’émancipation des femmes".

"Pourtant, certaines d'entre-elles n’hésitent jamais à être bras-dessus / bras-dessous avec les islamistes et pratiquent allègrement la politique de l’autruche dès qu’il s’agit de la question de l’islamisme qui piétine et efface pourtant les femmes de l’espace public... va comprendre"

"Ces néo-feministes, comme Sandrine Rousseau, trouvent que le voile peut être "un voile d’embellissement". On a envie de lui répondre "essaie un peu pour voir ce que ça donne". Ou Alice Coffin qui considère qu’il faut être lesbienne pour se préserver des violences conjugales car l’homme serait un agresseur en puissance selon elle".

"Ou encore l’ineffable Caroline de Haas qui pense que l’on peut régler le problème du harcèlement de rue que subissent le femmes dans certains quartiers à très forte présence étrangère par "un élargissement des trottoirs". La même de Haas qui appelait à "solder l’héritage d’Elisabeth Badinter". Quand on est de cette gauche là, on ose tout..."

Mais il existe quand même des comportements scandaleux

"Bien sûr ! Et moi-même j’ai subi des propositions indécentes. On m’a d’ailleurs souvent reproché de ne pas avoir de "protecteur" comme ils disent de ne pas être assez "souple". Et bien sûr, j’en ai subi les conséquences. Mais qu’importe".

"Alors oui, j’ai vu les porcs qu’il fallait balancer. De véritables élevages que l'on retrouve dans tous les partis politiques. Un jeu de pouvoir vieux comme les jeux de cour".

Alors on fait quoi ?

"Bien sur que je condamne ces comportements. La meilleure façon de le faire c’est de refuser. NON c’est NON, qu’importe les conséquences. Et bien sur que je suis scandalisée quand un homme condamné, j’insiste sur jugé et condamné,  pour harcèlement sexuel ou agression sexuelle soit investi comme si de rien n’était… 

C’est intolérable. Mais nous sommes dans un État de droit ! Les néo-feministes ne sont pas des juges ! L’émotion populaire, le tribunal médiatique ou de la rue ne doivent jamais remplacer la justice. Avec les néo-féministes, nous entrons dans un système de vengeance, de destruction, loin, très loin de la justice. C'est une ère d’enfermement sexuel où les hommes sont des coupables et les femmes des victimes.

Et finalement, on peut se demander si, au fond, les protagonistes de cette tribune ne rêvent pas de sonner la fin des hommes en politique.

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