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Mélenchon fustige l'annulation de sa conférence sur la Palestine à Lille

En meeting à Roubaix mercredi soir, Jean-Luc Mélenchon a balayé les accusations d'antisémitisme, quelques heures après l'interdiction par l'université de Lille de la conférence sur la Palestine qu'il devait y tenir jeudi avec la militante Rima Hassan.

Richard BOUHET - AFP/Archives

En meeting à Roubaix mercredi soir, Jean-Luc Mélenchon a balayé les accusations d'antisémitisme, quelques heures après l'interdiction par l'université de Lille de la conférence sur la Palestine qu'il devait y tenir jeudi avec la militante Rima Hassan.

L'événement se tiendra quand même dans un autre lieu, prévient La France insoumise.

"Je plains le président de l'université parce que ce qu'il a fait est honteux", a lancé le chef de file des Insoumis, fustigeant les "lâches qui ne sont pas capables de défendre la liberté".

L'université a annoncé à la mi-journée dans un communiqué que "les conditions ne sont plus réunies pour garantir la sérénité des débats" en raison de la montée "préoccupante" des tensions internationales après "l'escalade militaire intervenue les 13 et 14 avril au Moyen-Orient", en référence à l'attaque de drones et de missiles lancée par l'Iran contre Israël.

"Nous ne nous tairons pas. La conférence de Jean-Luc Mélenchon et Rima Hassan se tiendra à Lille ce jeudi 18 avril. La communication sur le nouveau lieu sera envoyée aux inscrits", a rétorqué LFI dans un communiqué.

LFI a fait de la dénonciation des opérations israéliennes à Gaza l'un des principaux axes de sa campagne pour les élections européennes du 9 juin, défendu à coups de meetings et de conférences par Jean-Luc Mélenchon.

"Il aura suffi que le PS Jérôme Guedj dénonce le logo de l'association étudiante et qu'une députée macroniste (Violette Spillebout, ndlr) appelle à créer des désordres pour anéantir la liberté universitaire", a cinglé sur X Jean-Luc Mélenchon.

Depuis le début de la semaine, plusieurs élus, dont le président (LR) des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, réclamaient l'interdiction de l'événement.

"Ce meeting politique, déguisé en conférence aux relents antisionistes, n'avait pas sa place dans une université française", a-t-il réagi mercredi.

- "Provocation" -

Le patron de LR Eric Ciotti a, lui, dénoncé une "provocation" qui "attise un conflit et l'importe sur le territoire national" et salué une annulation devenue "indispensable" à ses yeux.

Objet de critiques, notamment, le logo de l'association étudiante organisatrice "Libre Palestine", qui montre un territoire englobant Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza

Une manière de "nier l'existence de l'Etat d'Israël" pour certains, dont la tête de liste des socialistes aux européennes, Raphaël Glucksmann.

Mercredi soir, devant quelque 1.200 personnes réunies à Roubaix selon les organisateurs pour un meeting de LFI, Jean-Luc Mélenchon a fait mine de s'interroger: "Pourquoi à 70 ans, je suis devenu antisémite ?". "Il est antisémite pour faire des clins d'œil aux quartiers populaires", a-t-il ajouté, singeant ses adversaire. "C'est raciste de penser comme ça !"

"Nous ne confondons pas un juif et un guerrier assassin israélien", a-t-il lancé sous une ovation, assurant de même ne pas confondre "les musulmans et les terroristes", avant de marteler que LFI est "le bulletin de vote de la paix".

Rima Hassan, le 9 mars 2024, à Paris

Rima Hassan, le 9 mars 2024, à Paris

Emmanuel Dunand - AFP/Archives

Dans un communiqué transmis à l'AFP par LFI, l'association "Libre Palestine", créée en novembre 2023 dans la foulée des attaques du 7 octobre, a assuré que son logo "ne nie en aucun cas l'existence d'Israël".

"Nous avons simplement mobilisé une carte qui représente une région du monde traversée par un processus de colonisation indéniable et dont la définition des frontières est un enjeu de luttes", précise l'association, ajoutant n'avoir "jamais promu la haine ou proféré des propos antisémites".

Mercredi dernier, une conférence de M. Mélenchon à l'université de Rennes avait été annulée pour des raisons de sécurité, après un mail de menace. Une autre avait été annulée à Bordeaux en octobre.

La militante controversée franco-palestinienne Rima Hassan, septième sur la liste LFI pour les européennes, s'est dite "extrêmement fière" d’être sur la liste de Manon Aubry, sans évoquer directement la situation palestinienne mercredi soir.

Elle a dans le passé dit défendre la solution d'un "État binational" alors que LFI est, elle, en faveur de la solution à deux Etats comme l'immense majorité de la classe politique. "Un cri du coeur", s'est défendue celle qui qualifie Israël d'"entité coloniale fasciste", disant maintenant s'inscrire, en tant que "responsable politique", "dans le cadre de deux États côte à côte".

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Par Béatrice JOANNIS / Roubaix (AFP) / © 2024 AFP

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