Marillys Macé : "L’eau est plus polluée dans les campagnes que dans les villes"

Illustration eau potable (©FRANCK FIFE - AFP)
Illustration eau potable (©FRANCK FIFE - AFP)

Directrice générale du Centre d'information sur l'eau, Marillys Macé était l’invitée de Sud Radio ce lundi matin pour aborder la question de la qualité de l’eau en France, suite à une enquête inquiétante de l’association UFC Que choisir.

L’enquête devrait une fois de plus faire parler. L’association UFC Que choisir indique ainsi que dans près de la moitié du territoire français, le taux de pesticides présents dans les cours d’eau est supérieur à la norme légale. Pour Marillys Macé, directrice générale du Centre d'information sur l'eau, pas question toutefois de tirer la sonnette d’alarme outre-mesure. "Il ne faut pas oublier qu’entre une ressource naturelle et votre robinet, il y a beaucoup de choses qui sont mises en place, et notamment des traitements pour rendre – justement – cette eau potable. La plupart des gens pensent que l’eau naturelle est potable, or c’est très rarement vrai. On ne peut pas oublier que la pollution des cours d’eau existe en France et en Europe, comme partout. Ce sont toutes nos activités humaines, nos pratiques industrielles et agricoles, qui font qu’il peut y avoir des pollutions. Mais je suis certaine que les consommateurs ont la chance, globalement, d’avoir en France une eau potable de très bonne qualité", assure-t-elle ce lundi au micro du Grand Matin Sud Radio.

"Il y a d’abord la pollution naturelle, qu’on oublie trop souvent : micro-algues, bactéries, microbes, etc. On l’oublie alors que c’est peut-être le premier danger pour la santé humaine. Rappelons-nous Pasteur, qui disait qu’on buvait quasiment nos maladies. Il y a aujourd’hui des traitements qui sont à la pointe pour nous protéger de ça. À 99%, on a une bonne qualité microbiologique. Après, il y a aussi les nitrates, les pesticides, etc. Il faut agir là-dessus. Tous les opérateurs en charge de nous distribuer de l’eau potable avec les collectivités agissent en ce sens avec collectivités et agriculteurs pour avoir une ressource protégée", explique-t-elle par ailleurs.

"Les collectivités savent que traiter l’eau a un coût important"

Pour Marillys Macé, si la situation globale n’est donc pas alarmante, tous les Français ne sont pas forcément logés à la même enseigne. "L’eau est globalement plus polluée à la campagne qu’en ville, même si ce n’est pas le cas partout. C’est dû à deux choses. D’abord à l’environnement : quand on a près de chez soi des cultures intensives, les agriculteurs utilisent des pesticides qu’on retrouve ensuite dans l’eau. Deuxièmement, les collectivités savent toutes que traiter l’eau a un coût important. Et on entend tous les jours que ces collectivités font face à des problèmes financiers. Si elles ne peuvent pas mettre en place certains traitements sur leur territoire, ça peut poser problème. Il y a des contrôles en continu, donc une réaction très rapide se fait du côté de l’autorité sanitaire et des gestionnaires de l’eau. Mais il est vrai qu’il y a plus de risques dans les tout petits villages de moins de 500 habitants que dans les très grandes villes qui ont plus de moyens, qui peuvent mutualiser les coûts, etc.", admet-elle.

Réécoutez en podcast l’interview de Marillys Macé dans le Grand Matin Sud Radio

 

 

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