"Les médicaments peuvent être dangereux, ce ne sont pas des confiseries"

Renaud Nadjahi, président de l’URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé) - Pharmaciens d’Île-de-France
Renaud Nadjahi, président de l’URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé) - Pharmaciens d’Île-de-France

Président de l’URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé) - Pharmaciens d’Île-de-France, Renaud Nadjahi était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mardi pour évoquer la danger de la surconsommation de médicaments en France.

C’est un fait bien connu : les Français consomment (beaucoup) trop de médicaments. Une étude récemment publiée par 60 millions de consommateurs épingle notamment 62 médicaments disponibles sans ordonnance, dont la consommation dérégulée peut être très néfaste pour la santé. Président de l’URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé) - Pharmaciens d’Île-de-France, Renaud Nadjahi abonde en ce sens au micro du Grand Matin Sud Radio.

"Enfin on remet le vrai problème au centre du village, à savoir que le médicament peut être dangereux. Ce n’est pas une découverte pour les pharmaciens, les spécialistes du médicament et les professionnels de santé. Nous soulignons ce problème depuis de nombreuses années. Cet article parle même même de "confiseries" en parlant de pastilles contre les maux de gorge. Ce sont des médicaments, pas des confiseries. Par définition, le médicament a des principes actifs. Sinon, on serait effectivement dans le bonbon. (…) Sur les 62 médicaments cités, on n’a que 5 indications. Évidemment, on n’invente pas 62 médicaments avec 62 types de principes actifs différents. Oui, il y a des contre-indications. Oui, les professionnels de santé sont là pour accompagner les gens. Oui, le pharmacien est spécialisé là-dedans et surtout, il faut lui en parler", martèle-t-il.

Pour Renaud Nadjahi, même le plus inoffensif en apparence des médicaments peut être fatal. "Il y a des règles, une hiérarchie. On a un mot, on va voir son pharmacien, on lui demande conseil. Le plus souvent, le pharmacien conseille d’emblée de consulter son médecin si ça ne s’améliore pas au bout de deux ou trois jours. Ce parcours-là doit être systématiquement suivi. (…) Il ne faut pas utiliser des médicaments sans le conseil avisé d’un professionnel de santé. Ce ne sont pas des produits anodins. Le paracétamol, on en fait l’éloge : c’est 3000 morts par an aux États-Unis ! Même lui n’est pas anodin", souligne-t-il.

Retrouvez en podcast l’intégralité de l’interview de Renaud Nadjahi dans le Grand Matin Sud Radio

 

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