Les Français sont préoccupés par l'avenir du système de retraite, mais divisés sur les remèdes qui pourraient le fortifier, selon un sondage Ifop réalisé pour le club Landoy, un cercle de réflexion d'entreprises sur la transition démographique.
Selon ce sondage, 76% des personnes interrogées estiment que le système actuel ne pourra être maintenu sans nouvelle réforme.
Plus des deux tiers (72%) n'ont pas confiance dans la capacité du système actuel pour garantir une pension suffisante, avec une défiance maximum chez les 18-34 ans (87% n'ont pas confiance). Cette défiance se réduit un peu avec l'âge mais reste très élevée à l'approche de la sortie de la vie active (71% des 50-64 ans n'ont pas confiance).
En revanche, les sondés divergent sur les pistes de solution pour rétablir la confiance.
Une majorité (51%) réclame un retour à un âge légal "plus bas" que les 64 ans imposés par la réforme de 2023. Un peu moins d'un tiers (31%) estime qu'il devrait être "plus haut".
Et 18% des personnes interrogées indiquent que cet âge légal est "adapté au vieillissement de la population".
De fait, parmi les trois options traditionnellement évoquées pour redresser un système par répartition - l'augmentation des cotisations, le recul de l'âge de départ, la baisse des pensions - aucune ne parvient à réunir la majorité: 42% des sondés sont pour la hausse des cotisations, 40% pour l'allongement de la vie active, et seulement 13% pour la baisse des pensions.
Les clivages d'âge sont très présents: les 65 ans et plus sont la seule catégorie a préférer majoritairement la hausse des cotisations et le recul de l'âge de départ. Ils n'aiment pas du tout en revanche la baisse des pensions, qui ne recueille qu'autour de 5% de leurs suffrages...
À l'inverse, les 18-24 ans sont beaucoup plus favorables (29%) à la baisse des pensions.
Et si malgré tout l'âge légal était une nouvelle fois augmenté, les répondants se disent très favorables (à environ deux-tiers) à des aménagements (retraite progressive, temps partiel ou télétravail...). Ils ne sont que 20% à souhaiter continuer à travailler sans aménagement dans ce cas-là.
Le sondage a été réalisé du 7 au 13 avril auprès d'un échantillon de 2.059 personnes représentatif de la population française, par questionnaire auto-administré en ligne.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP