Le regard libre d'Élisabeth Lévy : "À France Inter, être de gauche n’est pas une opinion, mais une vérité, un état naturel des choses"

À France Inter, la nouvelle grille inquiète la rédaction selon les informations du journal Le Monde. Élisabeth Lévy revient sur le sujet.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

À France Inter, la nouvelle grille inquiète la rédaction selon les informations du journal Le Monde. Élisabeth Lévy revient sur le sujet.

Dans Tout le monde dit I love you, de Woody Allen, Scott l’un des personnages est républicain. Dans sa famille, où on est démocrate, parce que c’est normal, personne ne comprend. Jusqu’au jour où on découvre qu’il a une tumeur au cerveau.

À France Inter, c’est pareil. Être de gauche n’est pas une opinion, mais une vérité, un état naturel des choses. Autrement dit, pour beaucoup de journalistes/producteurs/animateurs de la radio publique, une bonne moitié des Français qui payent leurs salaires sont atteints d’une tare psychologique, voire morale. Il faudrait donc les soigner comme on soigne Scott dans le film. 

L'annonce a été faite de l’arrivée d’une troupe de chroniqueurs notamment Etienne Gernelle du Point et Alexandre Devecchio du Figaro. À raison de 2 minutes et demie par semaine cela veut donc dire que pendant 5 minutes par semaine, des opinions supposées de droite auront droit de cité. D’où l’émoi des journalistes.

Il y a déjà des gens de droite invités ! 

D’abord, pas tous. Exemple, Zemmour n'est jamais reçu pour ses livres. Nadine Morano se plaint aussi de n’avoir jamais été invitée. Surtout, il y a des opinions qui jouent à domicile et d’autres qui sont invitées. Un ronronnement idéologique gauchisto-progressiste qui pourrait être perturbé par l’arrivée de représentants du Figaro ou du Point. Dans Le Monde, il y a l'aveu d’un journaliste : "Les chefs ont tellement peur qu’on soit catalogués gauchistes ou islamo-gauchistes que, à force, on est devenus autre chose". Ce qui serait, si c’était vrai, une excellente chose. 

Il n'y a rien de choquant à ce qu’il y ait des médias d’opinion. La vocation de la radio : le pluralisme. Et la radio publique, financée par tous les Français, devrait l’être encore plus. Or, le pluralisme, ce n’est pas 5 minutes pour la droite, 5 minutes pour la gauche, c’est la confrontation de tous les points de vue à égalité de traitement. C’est cela l’esprit des lumières, le goût de la discorde civilisée. 

Heureusement, si le service public manque à cet impératif de pluralisme, il y a bien d’autres espaces de liberté où on ne dit pas à l’auditeur/citoyen ce qu’il doit penser. Alors, chers auditeurs, écoutez Sud Radio et passez un bel été.