"Le lundi à 18 heures, hop, un néon sur deux s’éteint, et la sono se coupe"

Christelle Berger, mère d'une adolescente autiste, a fait instaurer une heure de silence dans son supermarché. Reportage de Grace Leplat.

Pour les personnes autistes, le supermarché avec ses bruits et ses lumières fortes peut devenir un véritable calvaire. (Photo by Miguel MEDINA / AFP)

Les personnes atteintes de troubles autistiques peuvent avoir des difficultés majeures à se rendre dans les lieux très animés, comme un simple supermarché, à cause du bruit et des lumières. Nadia Essayan, députée MoDem, a donc fait une proposition de loi qui sera discutée le 28 janvier à l’Assemblée nationale et qui propose d’instaurer, dans les grandes surfaces, une "heure de silence".

Un combat qu’a déjà mené Christelle Berger, responsable de l’association "Un espoir pour mon futur" et mère d’une adolescente atteinte de ces troubles dans son supermarché local. Reportage de Grace Leplat.

"C’est extrêmement compliqué, en fait, de faire des courses"

Clémence, la fille de Christelle Berger, est atteinte de troubles autistiques. "C’est extrêmement compliqué, en fait, de faire des courses", explique sa mère. "Il y a beaucoup de bruit, il y a beaucoup de lumières." Elle raconte que "quand elle était plus jeune, quand il y avait des appels à micro, elle devenait rouge, et c’était compliqué". Puis, elle a commencé à refuser "d’entrer dans les supermarchés".

"Au niveau des salariés, ça a été un bonheur total"

L’Australie a été la source d’inspiration pour Christelle qui a demandé au Super U dans lequel elle fait ses courses d’instaurer une "heure silencieuse". Une mesure qui "ne demande rien", souligne Isabelle Ouzet, responsable RH du Super U. "Le lundi à 18 heures, hop, un néon sur deux s’éteint, et la sono se coupe."
La responsable a également demande d’éviter "le passage des transpalettes", que ne soit pas coupée la viande dans les rayons et "aux hôtesses de caisse de réduire le bip de caisse".
Loin de recevoir un accueil négatif, ces mesures ont fait l’unanimité : "au niveau des salariés, ça a été un bonheur total". "Au niveau des clients, quand il y a juste la corvée des courses, c’est un peu moins d’agression. Autrement, c’est plus agréable."

"Elle peut aller faire ses courses pour tout le monde"

Les bienfaits de cette mesure se sont donc ressentis sur tous les acteurs de la vie d’un supermarché. Avec, de plus, le retour de Clémence dans les rayons. "Clémence prend plus de plaisir ; elle est déjà rentrée dans le magasin", se félicite sa mère. "Voilà, elle peut aller faire ses courses pour tout le monde."

Nadia Essayan, à l’origine de la proposition de loi, espère rendre cette heure silencieuse obligatoire dans toute la France, alors que les retours sont unanimement positifs là où elle a été instaurée.