Le "grand remplacement" ? "Nos gouvernants ne pourront éternellement criminaliser l'inquiétude" alerte Élisabeth Lévy

Selon un sondage, de plus en plus de Français craignent un "grand remplacement". "Nos gouvernants devraient arrêter de criminaliser l’inquiétude", alerte Élisabeth Lévy

sondage grand remplacement

Les Français ont peur du "grand remplacement" selon un sondage Harris Interactive. Une nouvelle qui ne surprend pas Élisabeth Lévy.

"Selon un sondage hebdomadaire Challenge - qui a réalisé ce sondage auprès de 2544 personnes - "certaines personnes parlent du "grand remplacement". C'est le cas des populations européennes, blanches et chrétiennes étant menacées d’extinction suite à l’immigration musulmane, provenant du Maghreb et d’Afrique noire.

À la question : "Selon-vous un tel phénomène va-t-il se produire ?" 61 % des Français disent "oui" (un peu plus marqué chez les 18/34 ans). Evidemment, ce "oui" est massif chez les sympathisants RN et LR. Mais 30 % des sympathisants verts, 44 % des socialistes et mélenchonistes et 52 % des macronistes le disent aussi. 

Ils sont encore plus nombreux (deux tiers) à redouter le phénomène soit 52 % des socialistes. Les jeunes sont un peu moins inquiets. Beaucoup pensent que ça va arriver et que c’est très bien. 

Que vous apprennent ces chiffres sur cette question du "grand remplacement"

Les Français se moquent des leçons de maintien des élites médiatiques et politiques qui leur serinent que, primo, le grand remplacement n’existe pas - c’est rien que des mensonges et des théories du complot - et que deuxio, ce grand remplacement est une chose admirable. Comme disait Péguy, les gens voient ce qu’ils voient, pas la réalité ripolinée qu’on voudrait leur vendre. Et ce qu’ils voient ne leur plait pas. 

Ce qui est particulièrement frappant c'est le divorce abyssal entre les partis et leurs électeurs. Ce que Mélenchon vante sous le nom de créolisation, deux tiers des Français le craignent comme une substitution. 

Dès qu’il est question de grand remplacement, ce sont des signes de croix, des glapissements, des nausées et autres offuscations. Dans la bonne presse, c'est "la thèse d’extrême droite du grand remplacement". Une ministre a accusé Causeur de racisme et d’abjection pour en avoir parlé. Même Bardella se pince le nez sur l’expression. 

Certes, la peur de l’effacement culturel n’est pas le premier ressort du vote, sinon Zemmour et Marine Le Pen feraient des scores de maréchaux. N’empêche, ce sondage devrait faire réfléchir nos gouvernants et ceux qui veulent le devenir. Ils ne pourront pas indéfiniment raconter des bobards, mener des politiques migratoires anti-démocratiques et criminaliser l’inquiétude comme un crime. Leur stratégie d’intimidation morale a échoué. 

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