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La mythique verrerie française Duralex au tribunal de commerce

Duralex va-t-elle être placée en redressement judiciaire ? Le tribunal de commerce d'Orléans doit décider mercredi au cours d'une audience à huis clos du sort de l'entreprise mythique de verrerie française, dont la vaisselle réputée incassable est vendue dans le monde entier.

Martin BUREAU - AFP/Archives

Duralex va-t-elle être placée en redressement judiciaire ? Le tribunal de commerce d'Orléans doit décider mercredi au cours d'une audience à huis clos du sort de l'entreprise mythique de verrerie française, dont la vaisselle réputée incassable est vendue dans le monde entier.

L'audience au cours de laquelle les juges professionnels entendront à tour de rôle deux élus du Comité social et économique (CSE) par syndicat représentatif, ainsi que la direction de la société française, a débuté à 16h00.

A l'extérieur, une dizaine de militants de la CGT s'étaient réunis pour apporter leur soutien aux salariés de l'entreprise, déjà en difficulté il y a trois ans.

"Duralex est en difficulté depuis pas mal d'années", concède la nouvelle PDG de l'entreprise, Géraldine Fiacre, dans un entretien au quotidien régional La République du Centre.

"En 2021, nous avions un beau projet verrier, mais la crise énergétique a été le plus gros frein qui a entraîné la mise en veille du four", précise la dirigeante, présente à l'audience. En 2023, l'entreprise a "subi une forte chute de la consommation", poursuit-elle.

"Le problème, c'est qu'on commence à s'habituer", se désole de son côté le délégué Force ouvrière (FO) Gualter Teixeira, 50 ans dont la moitié passée dans l'usine Duralex située à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), près d'Orléans.

Un ouvrier contrôle la fabrication d'un verre Duralex à La Chapelle-Saint-Mesmin, le 1er juillet 2021

Un ouvrier contrôle la fabrication d'un verre Duralex à La Chapelle-Saint-Mesmin, le 1er juillet 2021

GUILLAUME SOUVANT - AFP/Archives

Pour cet élu, la situation relève d'"un problème de gestion de la société", dont "les coûts fixes de 2,5 millions d'euros mensuels" sont trop importants.

Trois ans après une précédente demande, Duralex a sollicité une nouvelle fois "l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire", avait annoncé la semaine dernière la société New Duralex International (NDI), exploitante de la célèbre marque.

Elle espère ainsi sauver l'usine, qui emploie 230 salariés.

Si le tribunal accède à la demande de Duralex, un administrateur et un mandataire seront nommés pour une période d'observation, dont la durée est variable.

- "La tour Eiffel de la vaisselle" -

En attendant, si "les fours continuent de fonctionner, les camions des fournisseurs sont à l'arrêt et les agences d'intérim ont déjà rappelé les 30-40 intérimaires présents chez Duralex", s'inquiète auprès de l'AFP François Dufranne, salarié de Duralex depuis 1992 et élu CGT.

"Ici, avant, il y avait 1.500 salariés Duralex, 1.500 ouvriers chez Michelin un peu plus loin", se souvient avec amertume M. Dufranne, aux côtés d'anciens collègues, désormais retraités, venus les soutenir.

Las. La seconde a fermé et il ne reste plus que quelque centaines de salariés dans la première entreprise, qui a pourtant fait la fierté de la production industrielle française avec ses verres et ses assiettes, colorés et réputés incassables, qui sont un peu comme "la tour Eiffel de la vaisselle", selon Duralex.

Dans un communiqué transmis la semaine dernière, la CGT du département dénonce une "décision politique" visant "à rationaliser et optimiser l'investissement des actionnaires".

"Les belles promesses auront tout de même permis aux actionnaires d'empocher des millions d'euros d'aide financière de l'Etat et des collectivités territoriales, dont les 15 millions versés dernièrement" par les autorités, épingle encore le syndicat.

Duralex, confrontée à la flambée des prix de l'énergie après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, a été sauvée temporairement par un prêt de 15 millions d'euros de l'Etat. De quoi permettre à l'usine de rouvrir son four verrier et de relancer sa production après cinq mois de fermeture.

En parallèle, NDI dit avoir été condamné récemment à payer les droits à polluer de l'ancien propriétaire de Duralex.

Incompréhensible selon les élus syndicaux: "On nous a fait une présentation commerciale des objectifs de développement jusqu'en 2030, de belles présentations, un grand +speech+ et trois semaines après, on apprend la demande de redressement judiciaire", s'agace François Dufranne.

Gualter Teixeira n'en démord pas: à l'audience, "il va falloir nous expliquer ce qui s'est passé".

Par Ambre TOSUNOGLU / Orléans (France) (AFP) / © 2024 AFP

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