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La France abandonne-t-elle ses églises ?

Olivier Péverelli, maire du Teil en Ardèche, et le Père Daniel Duigou, prêtre au sein du diocèse de Paris, étaient les invités du débat du matin le 21 juillet sur l’antenne de Sud Radio.

Au lendemain de l’incendie au sein de la cathédrale de Nantes, et quelques mois après celui de Notre-Dame de Paris, la question se repose avec encore plus de force : la France, l’Etat et les collectivités qui sont propriétaires de la majeur partie des cathédrales et églises de France, et donc responsables de leur entretien, depuis le siècle dernier sont-ils en mesure de bien les entretenir ?

 

À Paris, l'aide de la ville et des mécènes

"Sauvegarder le patrimoine, c’est sauvegarder notre avenir. On ne construit pas le futur sans s’appuyer sur le passé. Mais à Paris, nous n’avons pas le même budget qu’ailleurs", souligne le Père Daniel Duigou, prêtre au sein du diocèse de Paris. Il est évident que nous sommes passés d’un siècle à un autre. A une époque, les églises étaient pleines à craquer, et il y avait la nécessité de grands bâtiments, de cathédrales, qui rassemblaient des milliers de personnes. Aujourd’hui, nous sommes passés à un autre monde."

Pour autant, estime le Père Duigou, tous ces bâtiments, "c’est une mémoire de notre passé et de nos valeurs. On n’est peut être pas obligé de sauvegarder toutes les églises. À mon avis, il y aura un choix à faire, regarder au niveau national ce que l’on choisit, ce que l’on protège." Avec des mécènes, sans doute, face à la pénurie d’argent public ? "Oui ! Pour ce que je connais, la ville de Paris, la règle est que, pour un euro de la ville, il y a un euro de mécénat. C’est une répartition qui me semble juste pour la sauvegarde du patrimoine à Paris." Faudrait-il aller jusqu’à, comme l’ont proposé certains, faire payer l’entrée des cathédrales aux touristes ? "Dans une église, contrairement aux châteaux ou aux musées, il y a une dimension spirituelle, rappelle le Père Duigou. Il y aurait une contradiction entre le fait d’entrer dans une église pour prier et de faire payer l’entrée. Cela me semble différent d’autres aspects du patrimoine à sauvegarder."

L'aide de Stéphane Bern et du Loto du patrimoine

Du côté de l’Ardèche, c’est aux conséquences du séisme d’il y a huit mois qu’il faut faire face.
L’église Saint-Etienne-de-Melas, classée Monument Historique, a été fortement endommagée. "Ce sont des édifices qui demandent un entretien important compte tenu de leur volumétrie, explique Olivier Péverelli, maire du Teil, en Ardèche. Cela demande des moyens plus importants qu’un bâtiment classique. Mais une église, cela fait partie de la communauté, que l’on soit croyant ou pas. Cela reste des monuments emblématiques. Nous l’avons vécu d’autant plus avec le séisme. Quelles que soient les croyances des habitants, tous veulent que l’on sauve les deux églises très fragilisées."

"Les évaluations faites par l’architecte des Monuments Historiques et différents corps de métiers dépassent 1,5 million d’euros pour le bâtiment seul, confie le maire. Nous avons aussi, autour, des murs d’enceinte fortement endommagés par le séisme. Le budget de la commune était de dix millions d’euros jusqu’à l’année dernière. Nous avons pu le doubler suite au séisme. S’il n’y a pas d’aides, nous ne pourrons pas reconstruire." Heureusement, le maire n’a pas hésité à appeler directement Stéphane Bern pour le Loto du patrimoine : " je l’ai appelé un dimanche matin, lui ai expliqué la situation. Il m ‘a dit « aucun problème, je vous promets qu’on fera le nécessaire ». Du coup, cette promesse s’est traduite officiellement. Nous sommes retenus parmi les 18 édifices en France qui vont pouvoir bénéficier du Loto du patrimoine. C’est une grande nouvelle !"

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