"Joséphine Baker n’est pas une femme noire qui va au Panthéon mais une femme libre et française"

Joséphine Baker entre ce mardi au Panthéon. Pour Élisabeth Lévy, elle était une femme libre et une grande française.

Joséphine Baker entre au Panthéon ce mardi. Pour Élisabeth Lévy c'est une femme libre et une grande française à laquelle on rendra hommage.

"Joséphine Baker a eu une vie de roman, faite de combats, de fantaisie et de panache. Elle était petite-fille d’esclave née en 1906 dans une Amérique ségrégationniste où les noirs étaient considérés comme inférieurs. Elle était une femme de ménage à 13 ans mariée à 14. La danse qu’elle a chevillée au corps lui permet de quitter l’Amérique pour la France des années folles puis devient une star du music-hall avec la Revue nègre et fréquente le tout-Paris. Elle devient française par mariage en 1937". 

"Joséphine Baker vénère De Gaulle, entre dans la Résistance comme espionne. C’est notre flamboyante Mata-Hari. Après la guerre, elle milite pour les droits civiques en Amérique et fait sans doute partie des rares personnes à avoir manifesté avec Martin Luther King le 28 août 1963 et pour De Gaulle sur les Champs-Elysées le 30 mai 68". 

Quelle signification a cette canonisation laïque de Joséphine Baker ? 

"Ce n'est pas la même pour tout le monde. Rokhaya Diallo redoute que cette panthéonisation fasse oublier le racisme systémique qui sévit en France. Et malheureusement, c’est dans la presse américaine qu’elle diffame son pays. Libé en a fait une icône LGBT (féministe, antiraciste, bisexuelle)". 

"Pour Toranian, votre servante Baker incarne l’universalisme français. L’anti-woke. Quand les nouveaux antiracistes obsédés par la race demandent sans cesse des comptes, Baker rallie la résistance avec ces mots: "C’est la France qui m’a faite. Je suis prête à lui donner ma vie". Cette gratitude, c’est ce que lui reproche Rokhaya Diallo : "Elle rien à reprocher à la France". C'est sidérant". 

"On peut compter sur le Président de la République pour la jouer Saint-Macron terrassant le dragon zemmouro-lepéniste et nous noyer dans le pathos de la France plurielle et ouverte. Tout le monde s’extasiera sur la première femme noire au Panthéon. Sauf que Baker, et beaucoup d’artistes noirs américains (Baldwin, Bechet…) ont découvert en France un pays où on se foutait de leur couleur de peau. Ce n’est pas une femme noire qui va rejoindre Hugo et Moulin, mais une femme libre et une grande française".

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