José Bové : "Les mesures de protection contre le loup ne fonctionnent pas"

José Bové (©IROZ GAIZKA - AFP)
José Bové (©IROZ GAIZKA - AFP)

Le député européen José Bové était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mardi pour évoquer la question du loup, qui sera prochainement aborder par le gouvernement et Nicolas Hulot.

Et l’on reparle du loup en France. Éternel sujet de débat et d’affrontements entre éleveurs de troupeaux et défenseurs de cette espèce, le prédateur doit prochainement faire l’objet d’un plan spécial présenté par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire. Mais alors qu’une réunion de concertation était prévue ce mardi, elle a été repoussée à vendredi. Député européen et figure de la Confédération Paysanne, José Bové était l’invité du Grand Matin Sud Radio pour en parler.

"Je pense qu’aujourd’hui l’État est embarrassé car personne ne veut véritablement prendre la mesure du problème. On se retrouve aujourd’hui avec un ministre qui doit arbitrer et qui, au lieu de le faire à partir d’éléments scientifiques à disposition et des analysées menées par des organismes très variés, s’enferme dans une bataille qui consiste à savoir combien de loups y a-t-il en France, quelle est la réalité des attaques, l’expansion du loup, etc. Il faut donc reprendre le dossier à zéro", préconise-t-il.

"Il faudrait des clôtures de 2m50 à 3m de haut..."

Le célèbre syndicaliste agricole plaide notamment pour une meilleure estimation de la population lupine en France. "Dans le sud-Aveyron, là où j’habite, on nous a annoncé au départ un, puis deux loups. Avec les prélèvements d’ADN que nous avons fait nous-même avec des médecins, on arrive à recenser 11 individus différents. Si on extrapole ces chiffres à l’ensemble du territoire, on se rend compte qu’on n’est pas du tout dans les chiffres annoncés de quelques centaines…", assure-t-il avant d’aborder la question de la protection des troupeaux contre le loup. "Les mesures de protection ne fonctionnent pas. Si on veut avoir des brebis dans les pâturages en extérieur, il faudrait des clôtures de 2m50 à 3m de haut, il faudrait avoir des gros chiens blancs des Pyrénées, un chien pour 30 brebis… Vous imaginez ce que ça veut dire. Les coûts sont gigantesques, on parle de plusieurs dizaines de milliers d’euros par exploitation. Surtout, ça empêche tous les autres usages de la nature. Demain, vous n’irez plus ramasser de champignons et aller sur les grands chemins de randonnée si ces chemins traversent des pâturages car les attaques de chien deviennent de plus en plus importantes, à tel point que dans certains secteurs, les gendarmes ne reçoivent même plus les plaintes ou les classent sans suite", déplore-t-il.

José Bové en appelle enfin à des mesures plus radicales pour "stopper cette hémorragie dans les élevages de plein air". "Il faut prendre conscience de la réalité : il y a plus d’individus que prévu. Ensuite, il y a 40% de loups hybrides (croisement avec des chiens) dans les pays limitrophes que sont l’Italie et l’Espagne. Sur notre territoire, on arrive au même chiffre. Or aujourd’hui, les hybrides ne sont pas protégés par la convention de Berne. Il faudrait donc pouvoir les éliminer systématiquement par des personnes assermentées. On ne peut pas supporter que les troupeaux deviennent les garde-manger des loups. C’est effectivement plus facile pour eux d’attaquer des brebis que d’aller courir dans la nature derrière un chevreuil, un cerf ou un sanglier…", plaide-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de José Bové dans le Grand Matin Sud Radio

 

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Vos réactions sur cet article

pierre louis
- Mardi 7 novembre 2017 à 19:49
Il serait bien que Monsieur Jeanjean vérifie sa grammaire:
"la question sera prochainement aborder..." au lieu de "abordée".
Merci.
Régis Moiraud
- Mercredi 8 novembre 2017 à 11:46
Ca sera drôlement joli, le Larzac avec des clôtures de 2.50 mètres ... qu'il faudra aussi enterrer, d'ailleurs. Ça donne presque envie d'y aller.
alice annette
- Mercredi 8 novembre 2017 à 21:39
Les loups toujours les loups...ils ô t bon dos. Quand un berger part en montagne avec 9 chiens une arme et avec d autres humains il arrive à se faire attaquer par un loup!!!en même temps s il surveillait vraiment le troupeau on en serait pas la...
Pat
- Jeudi 9 novembre 2017 à 22:45
130 000 brebis, et autant d'agneaux en Lozère, 109 animaux prédatés "loup non exclus" et donc indemnisés depuis le 1er janvier c'est vraiment "la fin du monde" !!!
José Bové est complètement hystérique dès qu'il aborde la question du loup, reprenant sans recul tous les ragots propagés par les anti-loups.
Pas très glorieux pour un député européen "écologiste ?" qui a bien mal vieilli ...
Ioulia
- Vendredi 10 novembre 2017 à 02:13
"On ne peut pas supporter que les troupeaux deviennent les garde-manger des loups. C’est effectivement plus facile pour eux d’attaquer des brebis que d’aller courir dans la nature derrière un chevreuil, un cerf ou un sanglier…"
- Le gibier décimé par les chasseurs affamés ? Que reste il aux loup ?

Puis, "Avec les prélèvements d’ADN que nous avons fait nous-même avec des médecins, on arrive à recenser 11 individus différents", comment ils ont obtenu autant de prélèvements, sans tuer les loups ? Ils les ont endormi, puis relâché ?

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