Jean-Dominique Michel : "L'essentiel de ce qui a été professé notamment par les responsables ne tenait pas la route"

Jean-Dominique Michel, anthropologue et expert en santé publique suisse, était l’invité d’André Bercoff mardi 12 mai sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Selon Jean-Dominique Michel, invité d'André Bercoff, les discours des responsables politiques étaient basés sur des chiffres "qui n'ont aucun sens dans leur validité scientifique". Martin BUREAU - AFP

La crise sanitaire mondiale et le confinement généralisé auront été une période pour le moins "passionnante", un "moment unique dans l'histoire récente avec des côtés très préoccupants mais aussi des côtés intrigants", reconnaît Jean-Dominique Michel qui a cherché, en sa qualité d'expert en santé publique, à évaluer "la pertinence des études".

 

Des informations n'ayant "aucun sens scientifique"

Le moins que l'on puisse dire c'est que de nombreux rapports et statistiques avancés "n'ont aucun sens sur le plan de la validité scientifique". Par exemple, au début de l'épidémie, certains spécialistes disaient que "15% des personnes qui contractent la maladie finissent à l'hôpital dans un état critique". Une affirmation que conteste Jean-Dominique Michel, à partir du moment "où l'on ne dépistait pas le Covid". "Ça impactait le psychisme collectif d'une manière redoutable, ça faisait croire aux gens que l'épidémie était beaucoup plus grave qu'elle ne l'était en réalité", estime-t-il. "L'essentiel de ce qui a été professé par les responsables que la population française a élu notamment pour s'occuper de sa santé, ne tenait pas la route", rapporte l'anthropologue.

Un rapport, rédigé par le prévisionniste britannique Neil Ferguson, a provoqué un tournant dans la gestion de cette crise. Il prévoyait jusqu'à 500.000 morts en France. "C'est un récidiviste, pendant la grippe aviaire en 2005, il prédisait que 150 millions de personnes pouvaient être tués dans le monde, il y a eu 282 morts...", rappelle Jean-Dominique Michel qui se scandalise que "ces gens qui puissent être autant à côté de la plaque dans leur boulot soient reconduits dans cette possibilité d'impacter les politiques". "Ce rôle joué par Ferguson est vraiment à questionner dans l'influence qu'il a pu avoir auprès de responsables comme le Président français", insiste-t-il.

"Le confinement est la cerise sur le gâteau"

"Vouloir arrêter une épidémie virale c'est un peu vouloir arrêter le vent quand il souffle depuis l'Atlantique", estime l'anthropologue qui s'inspire des "meilleurs épidémiologistes" qui recommandait de "laisser circuler le virus". Et le confinement instauré un peu partout dans le monde a été, pour Jean-Dominque Michel "la cerise sur le gâteau". "L'impréparation à l'épidémie est monstrueuse", estime-t-il. "Le confinement n'a jamais été une stratégie efficace face à aucune épidémie. C'est un risque d'avoir plus un effet pervers et donc d'amplifier la destructivité de l'épidémie", prévient l'expert suisse en santé publique. "L'OMS a rappelé qu'ils n'avaient jamais recommandé le confinement", rappelle-t-il.

"Cette mesure suprême qu'on nous a présentée comme étant la plus à même de nous protéger", a été mise en doute par les meilleurs spécialistes, rapporte Jean-Dominique Michel. Selon les premières recherches qui commencent à arriver les unes après les autres, "on peut dire qu'en termes de réduction de l'épidémie, c'est proche de zéro, les courbes épidémiques ont la même forme et la même durée dans tous les pays, qu'ils aient confiné ou non", souligne l'anthropologue. "Quand vous confinez des gens alors que le virus a déjà été en circulation, c'est le meilleur moyen de faire exploser les cas graves", avertit-il.

 

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