Après plusieurs jours d'incendies qui ont frappé le Minervois, les viticulteurs commencent à mesurer l'ampleur des dégâts. Président de la cave coopérative Les Vignerons de Pouzols-Minervois, Cédric Pech raconte, au micro de Sud Radio, les difficultés rencontrées sur le terrain, les conséquences du feu et de la fumée sur les vignes, ainsi que les inquiétudes pour les prochaines récoltes.
Où en est la situation ce matin ?
Cédric Pech : Je fais le tour de mes parcelles pour évaluer les dégâts parce que certaines ne pouvaient pas être visitées, les routes étant encore barrées. Le feu n'a été fixé qu'hier. On commence à faire le bilan de ce qui s'est passé sur nos parcelles.
"Cette saison va être très compliquée"
Je pense que tous les viticulteurs ont été impactés, à plus ou moins grande échelle. Certains plus que d'autres. Cette saison va être très compliquée.
Comment se sont déroulés les trois derniers jours ?
En plus de mon activité de viticulteur, je suis conseiller municipal. J'ai participé aux évacuations. Le feu est parti de l'Hérault avant d'arriver sur notre territoire, dans l'Aude, poussé par un vent très fort.
"Les pompiers m'ont dit que le feu avançait comme un cheval au galop"
Les pompiers m'ont dit que le feu avançait "comme un cheval au galop". Il a dévalé tout le massif et toutes les vignes situées en bordure de garrigue ont été impactées.
🔴🔥 Témoignage d’un viticulteur touché par les incendies dans l’Aude #GrandMatinWeekEnd
— Sud Radio (@SudRadio) July 4, 2026
🗣️ Cédric Pech : "Le feu est passé chez nous comme un cheval au galop. Il y a des parcelles brûlées, des routes coupées, impossible de tout voir tout de suite ! Tous les viticulteurs sont… pic.twitter.com/RdS2J7ELYG
Quels sont les risques pour les vignes qui ont été épargnées par les flammes ?
Le problème est désormais de savoir si nous allons pouvoir utiliser certaines parcelles qui sont encore vertes. À cause des fumées, il faudra réaliser des analyses pour vérifier si nous pourrons vinifier.
La fumée peut-elle rendre les raisins impropres à la consommation ?
Oui, tout à fait. Ici, on parle du "goût de fumée". Il faudra vérifier si les raisins seront propres à la vente et à la consommation. Cela va nous faire perdre une partie de la récolte.
Depuis trois ans, nous subissons la sécheresse et nous avons de très petites récoltes. Cette année, avec les pluies de la fin de l'hiver, nous pensions être sauvés, mais c'est désormais la sécheresse totale.
Comment aborde-t-on chaque été avec un risque d'incendie devenu récurrent ?
Franchement, on ne se prépare pas. Chaque saison est différente et face au feu, on ne peut pas lutter. Ici, nous avons beaucoup de pins d'Alep qui s'embrasent très rapidement et propagent les flammes à une vitesse folle.
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🗣️Cédric Pech : "On ne se prépare pas vraiment, on ne peut pas lutter contre le feu. Ici, les pins s’embrasent très vite et propagent les flammes à une vitesse folle"
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Lorsqu'il faudra reboiser les massifs, il faudra choisir des essences qui brûlent moins vite afin de créer une véritable barrière naturelle contre les incendies.
"Les vignes servent de coupe-feu, mais comme il y a de moins en moins de viticulteurs"
Les vignes jouent-elles un rôle dans la lutte contre les incendies ?
Oui. Les vignes servent de coupe-feu, il faut bien le préciser. Mais il y a de moins en moins de viticulteurs. Certaines parcelles sont laissées en friche, les herbes y poussent et cela favorise la propagation du feu. Les vignes constituent pourtant une protection naturelle.
Quelles sont désormais les priorités pour les viticulteurs ?
Dans les prochains jours, nous allons recenser toutes les parcelles touchées. Nous serons accompagnés par la Chambre d'agriculture de l'Aude, qui a déjà acquis de l'expérience après le grand incendie des Corbières l'an dernier.
Nous allons déterminer comment prendre en charge le vignoble brûlé, notamment les sarments et les grappes. Ensuite, nous aurons des réunions avec le préfet pour savoir si des aides seront mises en place pour les viticulteurs les plus touchés. Certains ne sont malheureusement pas assurés contre le risque incendie. Il existe des assurances contre le gel, la sécheresse ou la grêle, mais pas toujours contre le feu. C'est aussi un sujet qu'il faudra régler.
Vous pouvez retrouver l'interview intégrale ici.