Hôpital public : "On nous demande plus de soins avec moins de moyens"

Face au manque de personnel, on s'attend à un été tendu dans l'hôpital public. Or rien n'a bougé depuis l'élection présidentielle.

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L'hôpital Delafontaine de Saint-Denis. (Joel Saget/ AFP)

La défaite de Brigitte Bourguignon aux élections législatives laisse le ministère de la santé sans tête. Et maintenant, que va-t-il se passer pour l'hôpital public ?

Hôpital : "Un arrêt complet du ministère de la Santé"

Depuis la présidentielle, "rien n’a avancé, estime Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital Bichat et membre du collectif Inter-Hôpitaux. Il y a un arrêt complet du ministère de la Santé. Olivier Véran avait arrêté d’être ministre pour partir en campagne. Puis on a eu une grande période avant la nomination du gouvernement, lui aussi parti en campagne."

"Il n’a surtout pas annoncé de mesures immédiates. C’est ce que nous demandons depuis avant la crise du Covid. Tout cela n’est pas récent. Cela fait des mois voire des années que l’on dit que tout va s’effondrer. Là, c’est le cas. Et il n’y a toujours pas de décisions politiques d’urgence de prises."

 

"Sortir de cette notion folle d’hôpital entreprise"

Quid de la mission flash demandée au président de l’association Samu Urgences de France ? "Les missions Flash, ce doit être la quinzième depuis une dizaine d’années. Ce n’est plus le temps des rapports, c’est celui des décisions. Cela fait cinq ans qu'Emmanuel Macron est là. Il y a eu la mobilisation des soignants, la crise du Covid, le Ségur. Aujourd’hui, le constat sur le terrain est que cela ne marche pas."

"Nous avons besoin aujourd’hui que les politiques sauvent l’hôpital public, insiste Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital Bichat et membre du collectif Inter-Hôpitaux. Mais il faut qu’ils agissent tout de suite. Il faut faire revenir les gens, ce qui va passer par l’augmentation des salaires. Il faut aussi redonner aux gens l’envie de revenir à l’hôpital public. On nous demande de faire plus de soins avec moins de moyens. L’hôpital public est un pilier de notre république, et cela va coûter très cher de le sauver. On doit sortir de cette notion folle d’hôpital entreprise et de son sous-financement."

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