Hommage à Samuel Paty : "Il faut arrêter de considérer que la minute de silence est la réponse à tout"

Quel hommage à Samuel Paty dans les établissements scolaires ? Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Berlioz à Vincennes, secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale, était l’invité de Patrick Roger le 15 octobre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h10. 

Samuel Paty
Des proches et des collègues du professeur Samuel Paty, le 20 octobre 2020, lors d'une Marche Blanche organisée à Conflans-Sainte-Honorine pour lui rendre hommage (Bertrand Guay - AFP/Archives).

Débats en classe, projections de documentaires, minutes de silence… Comment va s’organiser l’hommage à Samuel Paty dans les écoles ?

 

AUDIO / "Une mise en lumière du rôle de l'école, je faisais la même leçon quand j'ai appris son assassinat" - Reportage de Christine Bouillot dans l'Académie de Toulouse

 

Hommage à Samuel Paty : "C'est la liberté des établissements"

"C’est aux écoles de s’organiser, précise Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Berlioz à Vincennes, secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale. Il y a ce qui va se passer dans les classes, de la responsabilité des enseignants, qui ont eu des consignes sur des thématiques potentielles à développer avec les classes, sur l’esprit critique, la liberté d’expression…"

"Et puis, il y a des initiatives plus collectives dans les établissements, qui vont pouvoir rendre un hommage plus collectif, soit avec les élèves, soit avec les enseignants, détaille le proviseur. C’est là la liberté des établissements, qui ont eu peu de temps pour organiser cette opération : le cadre national sur lequel il faut s’appuyer n’est arrivé que la semaine dernière. On est satisfaits du fait que ce soient les établissements qui ont pu déterminer avec leurs équipes le format final retenu."

Hommage à Samuel Paty :"Des limites à la remise en cause de l’enseignement"

Dans certains d’entre eux, on n’ose peut-être pas faire grand chose, du coup ? "C’est le fond du problème initial de Samuel Paty : est-ce que la liberté est un problème ?" Il n’y aura donc pas de minute de silence imposée partout dans toutes les écoles. Par crainte de perturbation ? "Non, je ne crois pas, conteste le proviseur de la cité scolaire Berlioz à Vincennes. Quand il y a des perturbations de cette nature, on est capable de les traiter. Il y a pu avoir des inquiétudes sur cette question là. La minute de silence n’est pas interdite, mais il faut arrêter de considérer que la minute de silence est la réponse à tout, l'Alpha et l'Omega de l'hommage. Nous avons d’autres formats plus intéressants que d’arrêter de parler pendant une minute pour rendre un hommage."

A-t-on constaté des remontées quant au non respect de la laïcité depuis un an ? "Oui, ce sont des choses qui ont toujours eu lieu, qui existent mais qui restent marginales, juge le secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale. L’événement traumatisant vécu il y a un an a permis de développer et mettre en lumière un certain nombre de procédures d’alerte, d’accompagnement, de formation des équipes. Cela a aussi été l’occasion de dire aux parents qu’à un moment donné, il y a des limites à ce que l’on peut dire, à la polémique que l’on peut chercher à créer, à la remise en cause de l’enseignement.

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