GROS PLAN SUD RADIO - Dans les Yvelines, les 650 habitants de Guitrancourt dénoncent l'agrandissement d'un site de stockage de déchets qui pourrait passer de 200 000 à 250 000 tonnes par an. Ces derniers estiment qu’ils n’ont pas à devenir la fosse à ordures de l’Île-de-France.
Guitrancourt refuse de devenir la poubelle de l'Ile de France
À Guitrancourt, petite commune des Yvelines située à 50 km de Paris, la colère monte. Les habitants de ce village de 650 habitants vivent à seulement 500 mètres d'un site où sont déversées chaque année 200 000 tonnes de déchets toxiques. Une décision préfectoraleprévoit désormais de porter ce volume jusqu'à 250 000 tonnes, une extension de trop pour les riverains, qui dénoncent depuis des années les nuisances de cette carrière transformée en décharge. Ces derniers se sont mobilisés en créant l’association Alliance Nature Guitrancourt et Environs pour faire entendre leurs voix.
"Des odeurs de gaz H2S issu de putréfaction des déchets"
Ouvert en 1984, le site accueillait des tir de mines avec la présence de mines de calcaire. Lorsque celle-ci a fermé, la préfecture a décidé de stocker à proximité de la ville, des déchets. Une exploitation qui s'est étendue au fil des décennies, au grand dam des habitants. « Depuis 1984, on a eu pas loin de 18 autorisations préfectorales pour augmenter les dimensions de la carrière, augmenter le type de déchets, les produits chimiques, etc », témoigne Pascal Pottiez.
Si les nuisances quotidiennes restent limitées selon lui, certains désagréments reviennent régulièrement. « Au quotidien, on a peu de nuisances. Mais régulièrement, on sent des odeurs de gaz H2S issu de putréfaction des déchets », explique le porte-parole des riverains
« Nous n’avons jamais eu de réponse de la préfecture »
Face à cette nouvelle extension, les habitants ne comptent pas rester silencieux. «Notre association est récente, elle n'a que deux mois, nous avons au sein d'un collectif écrit à la préfecture. Nous n’avons jamais eu de réponse. Nous avons écrit à Benjamin Lucas, notre député des Yvelines, qui lui est intervenu auprès de la ministre à l'Assemblée nationale, mais ça ne va pas plus loin pour le moment » explique Pascal Pottiez.
Face à ce silence, les riverains ont également déposé un recours gracieux auprès de la préfecture pour contester l'arrêté d'autorisation environnementale. Pour Pascal Pottiez, cette nouvelle extension , « C'est une fuite en avant. On va continuer de stocker les déchets au même endroit et surtout, on va éviter de se poser la vraie question : comment on crée les déchets, comment on pourrait les stocker à l'origine de l'émission », dénonce-t-il.
🚮 « Ils vont continuer de stocker les déchets au même endroit sans se poser de question »
🏘️ À Guitrancourt, dans les Yvelines, 250 000 tonnes de déchets dangereux seront traitées chaque année, principalement en provenance du Grand Paris
Au-delà des nuisances olfactives, les habitants s'inquiétaient aussi des risques liés à la nature de certains déchets stockés sur le site. « Même si ça n'a plus rien à voir avec la gestion des décharges en 1950 et 1960. Aujourd'hui, il reste le risque d'émanation puisqu’il y a du H2S, donc on le sent » explique l’habitant de Guitrancourt.
Avec ces fortes odeurs, le risque est de voir se propager des incendies à proximité des habitations du village. « Régulièrement, on peut aussi avoir des incendies entraînant le déploiement des forces de pompiers pour aller éteindre des déchets »déclare Pascal Pottiez.
L’habitant pointe le fait que comme il n’y a pas de tri effectué, l’incendie est plus élevé et risqué. « Quand les déchets arrivent, il peut y avoir à peu près n'importe quoi dedans et peut-être même du combustible. Ça peut brûler ».
Un appel à la mobilisation des riverains
Déterminé à faire entendre sa voix, le collectif prévoit de passer à la vitesse supérieure dans les prochaines semaines. « J'appelle tous les riverains de notre village mais aussi les riverains des villages voisins à venir nous rejoindre. On va sortir un flyer sous peu pour essayer de lutter et de porter notre parole à la préfecture et chez les ministres », annonce Pascal Pottiez.