"Gilets jaunes" : comment protéger ses enfants des images violentes ?

gilets jaunes Champs Élysées
La manifestation des Gilets Jaunes sur les Champs-Élysées samedi dernier a entraîné de nombreuses dégradations AFP

Stéphane Clerget, pédopsychiatre et praticien dans le service de psychiatrie enfantine à l'hôpital de Cergy-Pontoise, auteur du livre Les vampires psychiques (Fayard), était l’invité de Cécile de Ménibus le 6 décembre 2018 sur Sud Radio dans "La vie en vrai", à retrouver du lundi au vendredi à 6h50.

Comment parler des images violentes des manifestations de "gilets jaunes" à nos enfants ? Entre choses vues dans la rue et images traumatisantes à la télévision, quelle attitude adopter pour protéger les plus jeunes ?

Ne pas anticiper sur ce qu'ils ne verront pas

"Je reçois au cabinet des enfants qui évoquent cela, confirme Stéphane Clerget, mais aussi qui ont été au cœur des événements et ont été effrayés par cela. Mais encore une fois, les petits n’ont pas à regarder la TV. Mieux vaut écouter la radio, il n’y a pas des images qui sidèrent". Comment réagir quand on est dans la rue avec ses enfants ? "Il faut évidemment assurer la sécurité, se mettre à l’écart, à l’abri et surtout, ne pas transmettre son angoisse à l’enfant. On explique après coup à l’enfant qu’il y a de la bagarre, des gens qui ne sont pas contents et que les policiers sont là pour empêcher ceux qui profitent de la situation pour casser ou jouer à la guerre."

Faut-il dire la vérité aux enfants sur ce qui se passe ? "La vérité est complexe et relative, elle doit être dite à hauteur d’enfant, souligne Stéphane Clerget. On peut dire que les "gilets jaunes" sont des personnes qui n’ont pas assez d’argent, qui en souffrent et expriment leur colère. Mais ce qui choque et fait peur, ce sont ceux qui cassent, on leur dit qu’il y a des gens qui en profitent et aiment la bagarre et casser les choses. Il faut être rassurant, dire que la police est là pour les protéger et que les gens qui cassent tout ne vont pas venir  à la maison. En revanche, pour samedi prochain, il ne faut pas anticiper des choses qu’ils ne verront pas. Il faut parler de ce qui inquiète, de ce qu’ils ont vu entendu, mais on n’en rajoute pas".

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