Général Bertrand Soubelet : "Notre justice est déconnectée de la réalité"

Le général Bertrand Soubelet
Le général Bertrand Soubelet

Le général Bertrand Soubelet était l'invité d'André Bercoff sur Sud Radio.

Invité d'André Bercoff dans tous ses états sur Sud Radio, le général Bertrand Soubelet, ancien numéro 3 de la gendarmerie, est revenu sur les relations parfois difficiles entre les forces de l'ordre et la justice.

"Notre justice est un peu déconnectée de la réalité, juge-t-il. Vous avez un certain nombre de magistrats qui vivent dans un monde un peu virtuel. Ils sont enfermés dans leur palais de justice."

"Il y a quelque chose qui me choque, dans le fonctionnement de notre justice, c'est que la forme l'emporte sur le fond, a ajouté le général Bertrand Soubelet. Vous avez un criminel qui est emprisonné, incarcéré, et parce qu'il y a eu un problème de forme, qu'un papier n'a pas été signé, on le libère. Mais on est fou ! Il est temps de faire en sorte que la forme ne l'emporte pas sur le fond et de prendre des garanties pour faire en sorte que même s'il y a eu des erreurs manifestes, on ne remette pas dehors des gens qui sont dangereux pour la société, qui peuvent tuer et qui peuvent avoir un comportement criminel."

S'il reconnaît que "notre justice a été relativement maltraitée pendant un certain nombre d'années", il explique qu'une grande partie des difficultés de relation avec les forces de l'ordre résultent d'un manque de communication : "On dit qu'il y a des problèmes entre la justice et les forces de sécurité, mais nous ne sommes pas dans une société désincarnée. Nous avons affaire à des hommes et des femmes. Et ces hommes et ces femmes, qu'ils soient d'un côté des forces de sécurité ou de l'autre côté des magistrats, s'ils ne se parlent pas, s'ils ne s'écoutent pas, s'ils ne dialoguent pas et ne prennent pas en compte les difficultés des uns et des autres, on arrive en permanence à des malentendus, à des déconnexions, qui font que chacun reste pétri de certitudes, fait son métier dans son coin et rejette la responsabilité du dysfonctionnement sur les autres."

Écoutez l'émission André Bercoff dans tous ses états, avec son invité, le général Bertrand Soubelet

 

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Michel Ange
- Mercredi 15 novembre 2017 à 08:34
Bien que n'exerçant plus de fonction au sein de l'armée, ce général à tout de même du cran de s'exprimer, car il risque des sanctions administratives,(ce qu'a subi le général Piquemal), en effet un général n'est jamais mis à la retraite.
Tout ce qu'il dit je le partage intégralement, on voit que cet homme a été sur le terrain, ce qui nous change de ces politicards insipides, creux, nauséabonds. En revanche le corps préfectoral même ceux mis à la retraite, c'est un silence radio absolu. Très bon toutous dociles à leurs maîtres ou ex maîtres.

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