Deux collègues mortes du covid: la mairie d'Aix-en-Provence pointée du doigt par les familles

La mairie d’Aix-en-Provence a-t-elle fait preuve de négligence dans sa gestion du covid? Deux collègues du service de l’État civil sont mortes du coronavirus à une semaine d’intervalle, le mois dernier. Leurs familles pointent la responsabilité de la municipalité qui n'aurait pas suffisamment protégé ces deux femmes.

L'Hôtel de ville d'Aix-en-Provence. (GERARD JULIEN / AFP)
Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

En tant que personne à risque, Rhadidja Bentoumi, qui souffrait d’une maladie auto-immune aurait dû rester en arrêt. Et non-pas remise au travail directement au contact du public, comme le lui a imposé la mairie d’Aix-en-Provence, déplore sa fille Nassera Benhammou:

"On sait pas qui a pris les décisions. A priori les chefs de service, par manque de personnel, ont décidé de la mettre face au public. Et ça c'était interdit, normalement."

 

Pot avec 12 personnes

Elle en est convaincue, sa mère de 63 ans morte fin avril du covid n’aurait jamais attrapé la maladie si toutes les mesures sanitaires avaient été respectées. "Il a été organisé un petit pot de 12 personnes. Que le personnel: les agents, la cheffe de service aussi... Pas de masque pour pouvoir boire et manger. Une personne qui avait été testé positif est quand-même venu travailler, et par la suite on a su que c'était parce-qu'elle ne voulait pas perdre sa prime de présence." Dans ce même service, une autre femme a été emportée par le coronavirus une semaine avant la mère de Nassera Benhammou, qui envisage de porter plainte contre la mairie d’Aix en Provence:

"Ils ont pris les mauvaises décisions, on veut rendre justice à notre maman et son amie, on veut que ces gens là soient reconnus coupable !"

De son côté, la ville vient d’ouvrir une enquête administrative pour tenter de comprendre ce qui s’est exactement passé.

 

"Il y avait au niveau de l'État civil plusieurs personnes positives ou cas contact. Donc s'ils avaient isolées toutes ces personnes comme les mesures gouvernementales le demandent, à ce moment là ils auraient fermé le service de l'État civil."