Des voitures électriques pour désenclaver les territoires ruraux: la région Centre-Val de Loire accélère le déploiement de son dispositif d'autopartage en zone rurale, alternative à moindre coût au moment où les prix des carburants s'envolent.
Dans un territoire fortement rural, où 70% des habitants utilisent leur voiture au quotidien, le service propose la location de voitures électriques pour quelques heures ou plusieurs jours.
Les élus espèrent ainsi réduire la dépendance à la voiture individuelle et, surtout, faciliter les déplacements du quotidien. A Courtenay, par exemple, commune de 4.000 habitants située à l'extrême est du Loiret, la mise à disposition d'une voiture citadine à proximité de la mairie a apporté "une grande flexibilité".
"Ici, les bus passent toutes les heures. On est à la campagne, on a besoin d'une voiture", explique Karine Guimard, monitrice d'auto-école, qui passe le pas après avoir été convaincue "par un ami, utilisateur régulier pour faire des trajets domicile-travail jusqu'en Seine-et-Marne".
- Alternative -
Avec la hausse des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient, Mme Guimard estime que l'autopartage représente une vraie "alternative" pour assurer ses rendez-vous médicaux et administratifs.
Mardi, le gazole, carburant routier le plus utilisé en France, se vendait à 2,337 euros le litre en moyenne, selon un calcul de l'AFP sur les prix remontés par les stations-service à un site gouvernemental, contre 1,72 euro avant le déclenchement du conflit.
"Cette période peut être un stimulant pour que les Français s'approprient" ce type d'initiative, estime Arnaud Aymé, spécialiste transports au cabinet de conseil Sia Partners.
Et l'enjeu est important: "les habitants des territoires ruraux doivent se déplacer davantage et, en plus, ne peuvent pas le faire sans la voiture", ajoute-t-il.
"Peu d'initiatives de ce type existent. Il faut donc du temps pour que les utilisateurs s'habituent mais l'option peut être avantageuse pour eux", estime M. Aymé à l'AFP.
Dans le Centre, une offre volontairement "accessible" est mise en avant par la collectivité: 7 euros la demi-journée ou 19 euros la journée.
- "Choix du futur" -
"3 litres à la pompe, c'est une demi-journée avec la voiture", tranche auprès de l'AFP François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire.
Cette dernière chapeaute et finance le dispositif à hauteur de 30.000 euros par an et par véhicule, testé depuis fin 2023.
Elle inaugure d'ailleurs régulièrement de nouvelles stations, comme vendredi à Savigné-sur-Lathan, bourg de 1.300 âmes à 40 minutes de Tours où les bus sont rares et les trains inexistants. La voiture reste indispensable, ou presque, à chaque déplacement.
"On se bat pour la ruralité", affirme M. Bonneau, quelques instants après avoir roulé au volant du véhicule. "On vise à faire en sorte que nos concitoyens en zone rurale puissent disposer d'un outil de mobilité", principale préoccupation avec la santé, selon lui.
Il affirme que "l'usage" du service "va en augmentant et montre qu'il y a une bonne appropriation" des treize véhicules déjà opérationnels par des utilisateurs "de tous les âges".
A l'échelle de de la région, la mise en circulation de 80 véhicules supplémentaires est programmée d'ici la fin de l'année, avec l'ambition d'accroître le nombre d'utilisateurs, avec quelque 1.100 utilisateurs déjà comptabilisés. Et, d'ici fin 2027, ce sont 160 voitures électriques qui doivent être mises en circulation.
"C'est un choix du futur. Cela va devenir vraiment un élément fort de la mobilité pour un nombre significatif de territoires", conclut François Bonneau.
Par Tom MASSON / Savigné-sur-Lathan (France) (AFP) / © 2026 AFP