Crise dans le secteur aérien : "C'est un cauchemar éveillé", se désole cette ancienne hôtesse de l'air

Le secteur aérien a été très durement touché par la crise du Covid-19. Mégane, hôtesse de l'air, fait partie de ces nombreux salariés passionnés qui ont du se reconvertir à contre-coeur.

Reportage de Cyprien Pézeril

 

Ils rêvaient d’être steward, hôtesse de l’air ou pilote de ligne… mais avec la crise économique liée à l’épidémie de Covid-19, tout le secteur aérien mondial est à l’arrêt. Il n'y a désormais plus aucun recrutement et près de 8500 postes ont été supprimés chez Air France par exemple.

Il faut dire que le secteur est au plus mal: le trafic aérien a chuté de 75% cette année. Air France a publié hier ses résultats: 7 milliards d’euros de perte sur l’année 2020. Et parce que derrière ces chiffres, il y a des vies.

"Ça a été le début d'un long calvaire"

Cela faisait 2 ans que Mégane parcourait la planète en tant qu’hôtesse de l’air. Mais depuis le début de la crise du secteur aérien, impossible de voler de nouveau."C'est un cauchemar éveillé. On pensait qu'on pouvait avoir une belle carrière. On devait me reconduire mon contrat, ce qui n'a pas eu lieu avec le Covid. Rapidement, les recrutements ont cessé. Ça a été le début d'un long calvaire".

"J'ai du entamer une thérapie chez une psychologue"

Mégane a dû abandonner son rêve … et entamer une reconversion dans la grande distribution. Mais aujourd’hui encore difficile d’oublier les avions. "J'ai du entamer une thérapie chez une psychologue car je ne savais vraiment plus quoi faire et de voir que l'aérien n'arrive pas à s'en remettre... On dirait que l'on vit le crash d'un avion en direct sur un secteur extrêmement large".

"Ça reprendra. J'ai foi en l'avenir"

Pourtant Mégane reste déterminée. Avec son compagnon lui aussi steward, ils espèrent  - un jour - retourner en cabine. "Nous pensons que la population, après avoir été enfermée, voudra voyager peut-être d'ici 2 à 3 ans. Ça reprendra. J'ai foi en l'avenir. Ça ne s'arrêtera pas là".

Cette année, selon l’Association internationale du transport aérien, il y aura le double d’avion dans les airs par rapport à 2020, mais c’est 2 fois moins qu’avant le début de la crise.

Cyprien Pézeril (avec Maxime Trouleau)