Coronavirus - Dans les établissements scolaires français, la peur s'installe

L'inquiétude monte dans les établissements scolaires. Pour lutter contre le coronavirus, le ministère de l'Education nationale a transmis ses consignes. Les chefs d'établissements doivent refuser l'accès aux élèves et personnels de retour de Chine, de Singapour, de Corée du Sud et des régions du nord de l'Italie. Alors que les cours ont repris ce lundi dans plusieurs villes dont Paris, Montpellier et Toulouse.

Du côté d'Istres, ce bus assure le transfert des Français rapatriés de Wuhan. (Photo de Pascal GUYOT / AFP)

Reportage Sud Radio de Clément Bargain.

 

Sur la porte de l'école des enfants de Cécile, une affiche de prévention : "Confinez les enfants qui viennent de pays à risque !"

Toutes les personnes en provenance des zones à risque, dont le nord de l'Italie, sont invitées à ne pas fréquenter les établissements scolaires pendant 14 jours. A la sortie des classes, l'inquiétude monte chez les parents. Anne-Caroline a deux enfants en bas âge : "L'Italie c'est à côté de chez nous, donc ça va arriver on le sait. Il n'y a pas de raison que ça n'arrive pas malheureusement. Forcément, quand on est parent, c'est inquiétant..."

"Soit je viens pas en cours, soit je vais prendre un masque" (Cathia, lycéenne)

Alors chacun essaye de se protéger comme il peut. Nouria est nourrice : "En rentrant, je leur lave les mains. Les enfants n'aiment pas trop, mais si je peux je le fais deux ou trois fois par heure. A la maison on est un peu protégés mais on ne sait pas ce qu'on a ramené avec nous."

Mais les mesures du ministère de l'éducation ont été prises seulement lundi, un peu tard pour Bruno Bobkiewicz, proviseur du lycée Berlioz à Vincennes (Val-de-Marne) : "On a deux élèves qui ont côtoyé ces secteurs et qui était dans l'établissement lundi. Donc ça aurait été cohérents d'isoler les élèves avant la reprise des cours, c'est-à-dire dès lundi matin."

Un numéro vert disponible

Dans ce lycée, certains élèves comme Cathia ont peur d'avoir été contaminé : "J'ai demandé à ma mère d'acheter des masques et des gants. Soit je viens pas en cours, soit je vais prendre un masque."

En cas de doute, un numéro vert a été mis en place pour répondre aux questions. Le 0800 130 000.

 

 

 

Il est également recommandé aux établissements de reporter tout voyage vers l'Italie. Une mesure qui pourrait avoir des répercussions financières selon Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Hector Berlioz à Vincennes et secrétaire national du syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale (SNPDEN) :

"Les contrats des voyagistes n'intègrent pas cette situation et on risque d'avoir des établissements qui vont perdre de l'argent à cause des annulations de voyage. Il faut que l'on intègre cette idée d'annulation, mais ça serait intéressant que les voyagistes jouent le jeu et puissent ne pas récupérer de l'argent au passage. Et pouvoir rembourser les familles et les établissements concernés."

 

Reportage Sud Radio de Cyprien Pézeril.

 

Depuis lundi, les enfants ayant récemment été en Chine, en Corée du Sud, à Singapour et dans certaines régions d'Italie ne doivent plus aller à l'école, au collège, au lycée, ou à la crèche et ce pendant 14 jours, durée maximale d'incubation du virus. Mesure de précaution qui s'applique même si les enfants n'ont déclaré aucun symptôme. Marie, qui travaille dans une école et sa fille scolarisée en CM2. Elles ont séjourné une semaine à Singapour pendant les vacances scolaires et sont rentrées en région parisienne jeudi dernier.  Lundi soir elles ont appris qu'elle ne pouvaient pas retourner à l'école.