Commerces pillés et casseurs : la colère touche Aubervilliers

Des scènes d'émeutes à Aubervilliers, le 3 décembre 2018 ©THOMAS SAMSON - AFP
Des scènes d'émeutes à Aubervilliers, le 3 décembre 2018 ©THOMAS SAMSON - AFP

Des scènes d'émeutes se sont déroulées lundi à Aubervilliers, où des commerces ont été saccagés et pillés. Les élus appellent l'exécutif à calmer le climat actuel en France.

Face aux vitres brisées de son magasin saccagé, Mohamed, propriétaire d’une boutique de téléphonie, raconte la déferlante qui s’est abattue sur son commerce : "Il y avait au moins une centaine de personnes qui ont cassé le magasin. Ce n’était pas deux ou trois personnes, c’était une horde de personnes. Ça arrive facilement à 50 000 euros ce qu’on a perdu..."

Des scènes de pillage qui ont ulcéré les riverains comme Gaëlle : "Tout le monde est rentré à l’intérieur et chacun se servait. Il y avait même des habitants du quartier qui sont descendus de chez eux avec des sacs, qui ont pris des choses et qui sont remontés. Je ne vois pas pourquoi il faut en arriver là. C’est dommage."

Pourtant, pour Matteo, élève en terminale, la violence est devenue le seul moyen de se faire entendre : "Casser, c’est devenu un moyen d’expression. On n’a pas le choix. Comment vous voulez qu’ils nous entendent sinon ? C’est comme les Gilets Jaunes. Ils montrent leur couleur dans la rue, c’est tout."

Une colère qui se généralise et qui inquiète Fatih Tlili, conseiller municipal délégué au commerce d’Aubervilliers, qui lance un appel à l’exécutif : "Il faut que le gouvernement cède aux revendications, qui ne sont pas révolutionnaires. Mais j’ai l’impression que si on laisse faire, on va être dans une situation incontrôlable. Et ça, c’est irresponsable de la part des pouvoirs politiques."

Lors de ces violences, 8 personnes, dont deux mineurs, ont finalement été interpellées par la police.

Un reportage d'Alfred Aurenche pour Sud Radio

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