Charles Prats : "Nous avons 2,5 millions de fantômes qui passent à la caisse tous les mois"

Charles Prats, ancien membre de la délégation nationale de la lutte contre la fraude, était l’invité d’André Bercoff, lundi 16 mars sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Charles Prats invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Dans un tweet du 3 mars dernier, Charles Prats alertait sur le nombre insoupçonné de fraudes aux prestations sociales. "12,4 millions de personnes nées à l'étranger ont des prestations sociales, alors qu'ils ne sont que 8,2 millions selon l'Insee. L'enjeu de fraude sociale c'est 30 milliards + 14 milliards", expliquait-il alors.

 

Des chiffres incohérents

C'est grâce à des documents sur l'immatriculation des numéros de sécurité sociale obtenus à l'aide de faux documents par des personnes soi-disant nées à l'étranger, que l'ancien magistrat et ancien membre de la délégation nationale de lutte contre la fraude, a pu découvrir une phase cachée de la réalité. "Je plaidais pour un contrôle de cohérence, que l'on regarde combien de gens existaient et que l'on compare au nombre de gens qui perçoivent réellement des prestations sociales", confie-t-il. Et on a de quoi avoir des surprises.

"En 2020, l'Insee évalue à 8,2 millions le nombre de gens nés à l'étranger vivant sur le territoire français", rapporte Charles Prats. Mais le nombre de bénéficiaires des aides sociales est bien plus élevé. "Nous avons 12,4 millions de personnes soi-disant nés à l'étranger, qui touchent des prestations sociales, 10,6 millions à l'assurance maladie", explique-t-il. Et parfois, la proportion d'immigrés parmi les prestataires est impressionnante. "Il y a 5,3 millions d'allocataires de la branche famille, soit 42% de l'ensemble des allocataires. 4,1 millions de personnes qui perçoivent des pensions de retraites, alors que la proportion de personnes nées à l'étranger est de 12,3%", souligne l'ancien magistrat.

 

2,5 millions de fantômes

Charles Prats remarque "une distorsion statistique impossible à expliquer, si ce n'est par des identités frauduleuses". Ainsi, l'ancien magistrat estime à 2,5 millions "de fantômes" qui passent à la caisse tous les mois. Un chiffre tiré du journal officiel du Sénat, le 7 novembre 2019, où le gouvernement répond à cette question de contrôle.

Un coût énorme pour la collectivité. "Le coût total de la protection sociale, c'est 787 milliards d'euros par an", rappelle Charles Prats, qui note au passage que "la dépense moyenne par personne est de 11.800 euros", souligne-t-il. Pour connaître la somme exacte de prestations détournées frauduleusement, il suffit de multiplier 2,5 et 11.800 euros

 

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