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Cécile Guilbert : "Il y a une régression des libertés"

Par La Rédaction

L’essayiste, romancière, journaliste et critique française Cécile Guilbert, auteur de "Roue libre" (Éditions Flammarion), était l’invitée d’André Bercoff, lundi 5 octobre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Cécile Guilbert invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

En roue libre, Cécile Guilbert aborde toute une série de sujets "qui peuvent fâcher" dans son dernier livre et déplore une diminution des libertés due à la montée de l'individualisme.

 

Une médiocratie "irresponsable"

"Il y a une régression des libertés mais qui tient aux paradoxes de l’individualisme contemporain", déplore la romancière qui observe qu'aujourd'hui "tout le monde a le droit à la parole, est un émetteur de contenu et peut s’exprimer dans cette espèce de brouhaha général". Une certaine liberté de façade qui ne provoque pas pour autant "du débat, de la nuance et de la modération" mais au contraire, "des hordes de gens qui sont dans des niches d’algorithmes sur les réseaux sociaux ou les processus d’intelligence artificielle qui régissent les médias et leur contenu".

L'auteur regrette "une gigantesque intolérance" et une médiocrité qui force de simplifications, de tyrannie, d’intolérance est devenue complètement irrespirable", confie-t-elle. Pour redresser la barre, Cécile Guilbert plaide pour "l'équilibre, la nuance". "La capacité de discerner dans les arguments n’appartient pas aux tièdes ou aux mous, ça appartient aux gens d’honneur qui ont une forme de probité intellectuelle", rappelle l'essayiste. Ce à quoi s'engage l'auteur qui malgré "une série de sujets qui peuvent fâcher", essaye de garder "un sens de la mesure, une rationalité et ne surtout pas délirer".  

Une tyrannie moderne

Si notre société actuelle n'a en théorie rien à voir avec les tyrannies d'antan, où "des clans idéologiques confisquaient les débats et le peuple n’avait pas la parole", les réseaux sociaux ont une "capacité de nuisance infiniment supérieure", alerte-t-elle. "Le peuple peut toujours être éclairé en se forgeant lui-même une opinion par confrontation d’idées. Cependant, s’il a voulu abandonner sa capacité de penser, c’est sa responsabilité", indique Cécile Guilbert.

Avec l'émergence de ces nouveaux réseaux sociaux, "vous pouvez ruiner la vie ou la réputation de quelqu’un par des procédures tellement puissantes et massives, ce qui n’était pas le cas avant", remarque la romancière qui voit par la masse de gens impliqués, "un glissement quantitatif qui produit qualitativement des effets qui sont sans commune mesure avec ce qui se produisait dans le passé", prévient-elle.

 

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

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