Lors du premier épisode de canicule de 2026 survenu en mai, «au moins 300 décès» de plus que la normale ont été recensés en cinq jours dans l’Hexagone, a annoncé mardi 30 juin Santé publique France, précisant que le nombre de décès attribuables à la chaleur sera connu ultérieurement. Un mois plus tard et après la seconde vague d'extrême chaleur qui a balayé la France la semaine passée, la tension s’est faite ressentir dans les différents hôpitaux de France... et notamment à Rouen, où la CFDT du CHU de la capitale normande alerte, entre ces épisodes de canicule à répétition et le manque d'effectifs.
"L'hôpital public ne peut pas être la variable d'ajustement de chaque crise"
“Une fois encore, l'essentiel de l'effort a reposé sur l'hôpital public et sur l'engagement exceptionnel des soignants, souligne au micro de Sud Radio Frédéric Louis, secrétaire général CFDT au CHU de Rouen. Vingt-trois ans après la canicule de 2003 et plusieurs années après la crise du COVID, les mêmes constats reviennent. Les promesses sont faites dans l'urgence, les hommages se multiplient, puis les contraintes budgétaires reprennent rapidement le dessus. Les soignants sont épuisés et lassés. Ils n'attendent plus des discours ou des annonces, mais des décisions concrètes. L'hôpital public ne peut pas être la variable d'ajustement de chaque crise.
"A chaque crise, on salue les soignants, on annonce des mesures, on met des bouts de sparadrap"
"Face à ce nouvel épisode caniculaire, l’hôpital public a tenu, résume Frédéric Louis, secrétaire général CFDT au CHU de Rouen, aide-soignant pendant une vingtaine d’années, au micro de Jacques Cardoze, sur l'antenne de Sud Radio. Il faut souligner l’engagement exceptionnel des professionnels. Ils sont épuisés. On ne peut pas continuer de compter uniquement sur leur dévouement."
"Le SAMU de Rouen a enregistré une augmentation de 54% des appels comparé à l’année dernière. Le constat reste le même : à chaque crise, on salue les soignants, on annonce des mesures, on met des bouts de sparadrap. Puis les contraintes budgétaires reviennent, et faute de moyens, l’hôpital public continue d’être en galère."
🗣️Frédéric Louis (@CfdtChuDeRouen) : "Les soignants sont épuisés. À chaque crise, on nous applaudit, le gouvernement met un coup de sparadrap, puis plus rien, et l'hôpital public continue de galérer" #Canicule
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"Le nombre de lits d’hospitalisation est insuffisant"
Que demander cette fois ? "Depuis des années, on demande d’avoir les moyens suffisants, tous corps confondus. Le nombre de lits d’hospitalisation est insuffisant, rappelle Frédéric Louis, secrétaire général CFDT au CHU de Rouen, sur l'antenne de Sud Radio. Il n’y a pas de marge de manœuvre en cas de nouvel épisode caniculaire. On nous répond que l’on ne va pas prévoir des effectifs en vue d’une catastrophe hypothétique. Nous sommes aussi toujours en pénurie de médecins sur l’hôpital public."
Quid de la chaleur à l’hôpital ? "Vous avez des patients dans les couloirs, les personnels soignants avec des serviettes autour du cou. Nos bâtiments ne sont pas climatisés à la hauteur des besoins. Hier, j’ai profité du conseil de surveillance pour exprimer le ras le bol des soignants et des patients. Tous les politiques font des annonces, mais à chaque fois, il n’y a rien."
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