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Canicule : les salariés peuvent-ils refuser d’aller travailler avec cette chaleur ?

Par Elliott Léonard

ECLAIRAGE SUD RADIO - Depuis 6 jours, une chaleur record et précoce s’abat sur la France en cette fin mai, et ce n’est pas terminé puisqu’aujourd’hui, 40 degrés sont attendus par endroits. Pour beaucoup de travailleurs, la situation est difficile à vivre. Alors, que prévoit le droit du travail pour protéger les salariés dans ces conditions ?

Loic VENANCE - AFP

Malaise, coup de chaud, insolationLa canicule précoce qui s'abat sur la France en fait voir de toutes les couleurs à certains salariés et actifs français depuis quelques jours. Au travail, cette chaleur record pose donc de véritables problèmes et pousse à l’interrogation. Quels sont les droits des salariés et les obligations des employeurs dans de telles conditions climatiques ? Alice Aumeunier, avocate spécialisée en droit du travail, a répondu au micro de Sud Radio.

Des obligations préventives

Une règle définit clairement et simplement l’attitude que doit avoir un employeur : « celle de garantir par tous les moyens la santé et la sécurité de l’ensemble de ses salariés », dévoile l’avocate. Cependant, cette mesure est très large et, depuis le 27 mai 2025, un décret prévoit plusieurs obligations préventives lorsqu’une période de canicule survient.

« Réaménager les lieux et les postes de travail »

« Réaménager les lieux et les postes de travail », voici la première mesure mentionnée par Alice Aumeunier. Elle décrit également une organisation qui doit être adaptée : « Le télétravail, il me paraît important de le privilégier pour éviter que les salariés fassent de longs trajets en voiture », avant de préciser que « ça doit rester sur la base du volontariat ». Pour les travailleurs en extérieur, lorsqu’une région fait face à une vigilance orange, « l’employeur doit limiter le travail des salariés en extérieur de 11 heures à 16 heures ».

« Aucune obligation pour l'employeur de fournir une climatisation »

Si certaines règles sont précises, pour le travail dans des bureaux, elles le sont beaucoup moins. « On n’a pas de liste. D’ailleurs, il n’y a aucune obligation pour l’employeur de fournir une climatisation », explique la spécialiste du droit du travail.

Toutefois, elle nuance : « En revanche, vu qu’il y a une obligation générale de santé et de sécurité de l’employeur, si l’employeur ne justifie pas avoir mis en place des mesures dans les locaux et que ceux-ci, ou même le travail en extérieur, exposent les salariés à de hautes températures, il peut se voir condamné par la médecine du travail, mais aussi par les salariés, qui peuvent demander des dommages et intérêts. »

« Le salarié dispose d’un droit de retrait »

Alors, une question se pose également : un salarié peut-il refuser de travailler s’il estime que les conditions sont dangereuses ou inadaptées ? « Le salarié dispose de ce qu’on appelle un droit de retrait. Cela signifie qu’il peut se retirer, donc ne pas aller au travail, s’il estime être confronté à un danger grave et imminent pour sa santé », déclare Alice Aumeunier. Mais certains critères doivent être respectés : « La canicule peut tout à fait entrer dans ce cadre, mais attention, il faut que le danger soit concret. Pour se retirer, le salarié doit seulement alerter son employeur. »

 « Un salarié peut s’habiller comme il le souhaite »

Dernier point, plus anecdotique, évoqué par l’avocate : l’accoutrement au travail. « Le principe, c’est qu’un salarié peut s’habiller comme il le souhaite pour venir travailler. » Malgré cela, certains métiers comme les éboueurs, les policiers ou les hôtesses de l’air nécessitent le port d’un uniforme, et c’est parfaitement légal si cela est « bien prévu dès le début dans le règlement intérieur » et que ce n’est pas appliqué « au cas par cas ».

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