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Tensions, invectives et ambiance électrique au procès de Rima Hassan

Incidents, invectives et suspensions d'audience : les premières heures du procès de l'eurodéputée LFI Rima Hassan pour apologie du terrorisme se sont déroulées lundi dans une ambiance électrique, sur fond de contestation de la procédure par l'avocat de l'Insoumise, traité de "salopard" par le président de l'Observatoire juif de France lors d'une suspension d'audience.

Rima Hassan lors de son procès au tribunal de Paris, ambiance tendue.
Blanca CRUZ - AFP/Archives

Incidents, invectives et suspensions d'audience : les premières heures du procès de l'eurodéputée LFI Rima Hassan pour apologie du terrorisme se sont déroulées lundi dans une ambiance électrique, sur fond de contestation de la procédure par l'avocat de l'Insoumise, traité de "salopard" par le président de l'Observatoire juif de France lors d'une suspension d'audience.

Devant une salle comble au tribunal judiciaire de Paris, l'égérie Insoumise, longue tresse et veste beige, fait face depuis lundi matin et deux jours durant à une dizaine d'avocats de la Licra, de l'Organisation juive européenne ou encore de l'Observatoire juif de France, parties civiles dans ce dossier sensible.

Sur sa page X, Rima Hassan avait publié une citation attribuée à un Japonais combattant de la cause palestinienne, l'un des auteurs de l'attentat de 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv, décédé en juillet à Beyrouth : "Kozo Okamoto : J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir".

Posté le 26 mars, le message de la juriste aux 420.000 abonnés a été immédiatement signalé au parquet par le ministre de l'Intérieur, puis par l'Organisation juive européenne (OJE) et la Licra. Une procédure qui a entraîné une semaine plus tard une garde à vue qui a défrayé la chronique.

La promesse d'un vif débat judiciaire avant d'attaquer le fond du dossier a bien eu lieu : l'avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, après avoir plaidé pendant plus de deux heures, a quitté pendant quelques minutes lundi la salle d'audience, suivi par sa cliente, dénonçant une "remise en cause de sa probité" par l'avocate de la Licra, Galina Elbaz.

Cette dernière avait regretté un "scope antisémite" et ses "propos complotistes" à la barre.

L'avocat de l'Insoumise avait plus tôt dénoncé l'"asymétrie procédurale" et des parties civiles "pas neutres", selon lui, qui "encouragent la politique" menée par l'État d'Israël. L'avocat avait détaillé les accointances présumées de plusieurs parties civiles avec Israël.

"Le tweet de Rima Hassan est le premier d'une responsable politique de premier plan qui fait l'apologie à ce point d'un terroriste depuis les attentats de novembre 2015", avait déploré l'avocat de l'Observatoire juif de France, Me Julien Bensimhon, qui a été interrompu par le conseil de l'eurodéputée au moment où il évoquait son patronyme d'origine juive pour mettre en cause la partie adverse.

"C'est lamentable", "ce sont des accusations d'antisémitisme", a hurlé Me Brengarth, provoquant une première suspension d'audience lors de laquelle le président de l'Observatoire juif de France est venu le traiter de "salopard".

Le fond du dossier doit être abordé dans l'après-midi à la reprise du procès, prévu sur deux jours.

- Vingtaine de plaintes -

La garde à vue de l'Insoumise de 34 ans a déclenché une tempête politico-médiatique lorsque plusieurs médias, dont l'AFP citant une source proche du dossier, ont fait état de la découverte par les policiers d'une petite quantité de drogue dans le sac de l'eurodéputée LFI.

Mais l'enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants sera classée sans suite quelques jours plus tard après analyse des deux contenants retrouvés, en réalité du CBD.

La militante de la cause palestinienne a depuis porté plainte contre le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui nie avoir contribué à la diffusion de la "fuite", et a été entendue par les services de l'IGPN jeudi dernier concernant la violation du secret de l'enquête.

Initialement prévu en juillet, le procès de Rima Hassan a été reporté à la demande de la défense, qui avait dénoncé un "déferlement de constitutions de parties civiles" au dernier moment.

Ses prises de position s'inscrivent dans le contexte de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent menée par le Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de 1.221 personnes.

L'offensive lancée en représailles par Israël à Gaza a fait plus de 74.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Régulièrement taxée d'antisémite par ses opposants politiques en raison de ses positions très critiques envers Israël, Rima Hassan est une habituée des clashs sur X, où elle a tweeté un peu plus de 1.200 fois en 2026, selon un décompte de l'AFP.

Une vingtaine de plaintes visant l'élue ont été classées sans suite, selon le parquet de Paris. Elle-même figure comme victime dans une dizaine de procédures, selon la même source.

Par Charlotte HOUANG / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

#RimaHassan #France #Terrorism #Politics #Justice

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