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Après les inondations de février, le dossier des digues refait surface

Par Christine Bouillot et

REPORTAGE SUD RADIO – Reconstruire les digues, indispensables pour protéger certaines habitations des eaux, devient une nécessité après les épisodes de crues dévastatrices qui ont notamment touché la Gironde et le Lot-et-Garonne. Pour les sinistrés et autres habitants, c’est une priorité. Mais pas pour l’État. Illustration dans la commune d'Aiguillon, dans le Lot-et-Garonne.

Aiguillon, Lot-et-Garonne, France, 21 février 2026. (Photo by Isabelle Souriment / Hans Lucas via AFP)

Ce début d’année a été rythmé par des catastrophes naturelles d'envergure avec des crues et inondations record. Sujet majeur qui sera notamment abordé demain à l'occasion du Printemps de la Planète, organisé par Sud Radio. Désormais, il y a urgence : il faut réparer les digues détruites par les crues de février dernier. Mais pour les communes, cela représente un coût considérable. Comme à Aiguillon, dans le Lot-et-Garonne, où une digue a cédé, provoquant l’inondation de tout le quartier bas de la commune. Mais l’État, lui, s’en est complètement désengagé. 

Un million d’euros pour un kilomètre de digue

« L'eau est allée jusqu'à l'autoroute. Au risque de paraître ringard, je dis qu'il faut changer nos méthodes », explique Christian Giradi, le maire d’Aiguillon. Aujourd’hui, il n’y a plus de digue, mais pour la restaurer, il faut compter plusieurs millions d’euros : environ un million d’euros pour un kilomètre.

Pour des collectivités locales comme celle-ci, il est évidemment impossible de financer ce type de travaux. « L'État nous dit d'être vertueux, durable. Si on n'est pas accompagné par l'État, on ne pourra pas y arriver », souligne Valérie Meneret, vice-présidente de Convergence Garonne.

Moins d’études pour reconstruire une digue ?

Une partie du coût global de reconstruction provient des études préalables. L’État permet désormais aux communes du Lot-et-Garonne ayant subi les inondations de février de s’affranchir de certaines obligations d’études.

Karine Duc, présidente de la Chambre d'agriculture, attend de voir les résultats : « J'attends de voir si s'exonérer de quelques études permet réellement de reconstruire. Et permettez-moi d'être sceptique, parce que ceux qui vont devoir reconstruire sont aussi ceux qui ont mal entretenu jusqu'à maintenant. »

Une décision visiblement contestée, tandis qu’une autre source de financement est actuellement étudiée au Sénat. La proposition de loi viserait à créer un fonds de solidarité à l’échelle d’un bassin versant.

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