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Eric Ciotti a été élu à la tête de la métropole Nice Côte d'Azur

Déjà homme fort du conseil départemental et maire de Nice, Eric Ciotti (UDR-RN) a été élu jeudi à la tête de la métropole Nice Côte d'Azur, où il succède à Christian Estrosi qu'il avait battu aux récentes élections municipales.

Valery HACHE - AFP/Archives

Déjà homme fort du conseil départemental et maire de Nice, Eric Ciotti (UDR-RN) a été élu jeudi à la tête de la métropole Nice Côte d'Azur, où il succède à Christian Estrosi qu'il avait battu aux récentes élections municipales.

Seul candidat pour ce scrutin, Eric Ciotti a été élu avec 108 voix sur 115 votants apportant à l'extrême droite, en quête d'enracinement dans la vie politique locale, la direction d'une importante structure intercommunale.

Née en 2012 de la fusion entre quatre communautés urbaines, la métropole niçoise compte 51 communes et un demi-million d'habitants, depuis les plages de la Promenade des Anglais jusqu'aux pistes de ski d'Isola 2000.

Si, dans de nombreuses agglomérations, l'arrivée d'élus RN a suscité d'intenses tractations pour les écarter des instances dirigeantes intercommunales, l'élection de M. Ciotti ne faisait aucun doute.

Sur les 133 conseillers, M. Ciotti compte 49 élus sur sa liste à Nice, huit sur la liste de son allié RN de Cagnes-sur-mer Bryan Masson et entretient une grande proximité avec nombre d'élus des petites communes.

Le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, candidat à sa réélection, prononce un discours après sa défaite au 2e tour des municipales à Nice, le 22 mars 2026

Le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, candidat à sa réélection, prononce un discours après sa défaite au 2e tour des municipales à Nice, le 22 mars 2026

Frederic Dides - AFP/Archives

Proximité politique dans certains cas, issue de la guerre de tranchées menée contre le clan de l'ancien président Christian Estrosi ; proximité territoriale aussi pour la vallée de la Vésubie, son berceau familial, mais surtout une proximité d'action, beaucoup de ces maires ayant eu souvent affaire à M. Ciotti en tant que président (2008-2017) puis vice-président (depuis 2017) du conseil départemental.

L'entourage d'Eric Ciotti promet une gestion plus responsable et respectueuse des oppositions que sous l'équipe précédente.

Alors que des élus estrosistes ont déjà rallié la majorité ciottiste au conseil départemental, le camp de l'ancien maire de Nice est bien moins vindicatif.

Pierre-Paul Leonelli, l'un des porte-voix estrosistes les plus virulents pendant la campagne, s'est dit dans un message sur X "prêt à travailler de manière constructive", en souhaitant que la métropole ne devienne pas "un champ de bataille politicien" mais "un véritable espace de collaboration".

De quoi susciter les railleries parmi ses anciens opposants, qui se sont plaints pendant des années de n'avoir qu'une à deux minutes pour s'exprimer quand M. Estrosi en prenait 30 pour leur répondre, non sans une certaine condescendance.

- "Très curieux" -

"La métropole d'Estrosi ne fonctionnait qu'autour d'Estrosi et que pour la ville de Nice. C'était une direction très centralisée autour des Niçois", résume M. Masson.

Comme pour le conseil municipal niçois, le camp Ciotti évoque de possibles modifications du règlement interne pour que l'opposition soit plus respectée.

Le nouveau maire UDR de Nice, Eric Ciotti, sur la Promenade des Anglais à Nice, le 23 mars 2026 dans les Alpes-Maritimes

Le nouveau maire UDR de Nice, Eric Ciotti, sur la Promenade des Anglais à Nice, le 23 mars 2026 dans les Alpes-Maritimes

Valery HACHE - AFP/Archives

"On est très curieux de voir comment ça va se passer", dit Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère PS-PCF-écologistes, rappelant que lors du conseil municipal à Nice, M. Ciotti a bien laissé la parole à l'opposition.

Ce que n'a cependant pas fait M. Masson à Cagnes-sur-mer et les rares élus de gauche de la métropole s'inquiètent de la place qui sera réservée au jeune élu RN.

Ce dernier a déjà promis d'obliger la métropole à enterrer un projet de ligne de tramway entre Nice et Cagnes-sur-mer, auquel il préfère le développement, moins cher et plus rapide à mettre en place, de lignes de bus à haut niveau de service.

Au-delà des personnes, la nouvelle majorité promet "une gestion des finances publiques plus rationnelle et plus responsable", comme l'assure Bertrand Casiglia, maire de Tourette-Levens et ancien collaborateur de M. Ciotti.

Les détracteurs de M. Estrosi n'ont par exemple pas digéré le centre des congrès en préfabriqués installé à la hâte l'an dernier sur le port de Nice pour le sommet de l'ONU sur l'océan, avec une facture de 20 millions d'euros passée du jour au lendemain du budget de la ville à celui de la métropole.

Par Vincent-Xavier MORVAN, Fanny CARRIER / Nice (AFP) / © 2026 AFP

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