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Uniforme scolaire : des communes poursuivent l'expérimentation

Au Touquet, à Béziers ou à Bonifacio, des élèves feront mardi leur rentrée en uniforme, un moyen de créer un "sentiment d'appartenance" selon les élus de ces quelques communes à maintenir la tenue unique, malgré un flou sur la poursuite du financement par l'Etat.

Mannequins portant des uniformes scolaires, symbole de l'initiative.
Sylvain THOMAS - AFP/Archives

Au Touquet, à Béziers ou à Bonifacio, des élèves feront mardi leur rentrée en uniforme, un moyen de créer un "sentiment d'appartenance" selon les élus de ces quelques communes à maintenir la tenue unique, malgré un flou sur la poursuite du financement par l'Etat.

Dans la station balnéaire du Pas-de-Calais, le port de l'uniforme est "évidemment" maintenu dans l'école dans laquelle il avait été lancé à la rentrée 2024, selon le maire (LR) Daniel Fasquelle, qui assure avoir "encore un soutien de l'État cette année".

D'après son directeur de cabinet, les 226 trousseaux (composés de 2 T-shirts, 2 blouses, une casquette) coûtent environ 22.000 euros, dont près de la moitié est financée par l'État pour la rentrée 2026-2027, comme les deux années précédentes.

Même son de cloche à Saint-Quentin (Aisne), où le port de l'uniforme, composé de sweats et de t-shirts, est maintenu dans les deux écoles primaires sur les 22 de la ville, qui s'étaient portées volontaires pour l'expérimentation il y a deux ans, indique la maire (LR) Frédérique Macarez.

Cela va représenter cette année un coût d'environ 15.000 euros, selon Mme Macarez, qui espère un financement à 50-50 entre commune et État, comme l'année précédente.

L'expérimentation de la "tenue unique", annoncée en 2023 par Gabriel Attal durant son passage au ministère de l'Éducation nationale, était promue alors comme un moyen d'atteindre "l'égalité sociale" et d'améliorer globalement "le climat scolaire".

Les élus adeptes citent "le sentiment d'appartenance à l'école" que cela crée, les économies pour les familles, la facilité d'habiller les enfants pour les parents et l'effacement "des différences sociales".

- "Aide aux familles" -

Un élève pose avec son uniforme d'école à Béziers, le 26 février 2024, dans l'Hérault

Un élève pose avec son uniforme d'école à Béziers, le 26 février 2024, dans l'Hérault

Pascal GUYOT - AFP/Archives

Mais dans d'autres villes, la mesure n'est plus financée par l'État. À Béziers, le maire divers droite Robert Ménard a étendu l'uniforme à la totalité des écoles, mais il ne sera plus obligatoire. "Il s'agit d'une dotation entièrement prise en charge par la Ville, pensée comme une aide concrète aux familles", indique la municipalité à l'AFP.

À La-Grande-Motte (Hérault), la mairie a déboursé 80.000 euros, soit 40.000 euros de plus que l'an dernier lorsque l'État prenait en charge la moitié, pour les 350 élèves de la seule école primaire publique de la commune.

À Bonifacio (Corse), "après une consultation des enfants, des parents et de l'ensemble de la communauté éducative qui ont fait part de leur satisfaction concernant la tenue commune, la municipalité a décidé de poursuivre l'expérimentation. Prenant totalement à sa charge la dépense afférente face au désengagement de l'État", a rapporté à l'AFP le maire, Jean-Charles Orsucci.

Depuis la rentrée 2024, l'État a cofinancé la mesure à 50% et dans la limite de 100 euros par élève pour les collectivités qui s'étaient engagées dès le début.

Plus d'une centaine d'établissements s'étaient initialement engagés dans le processus, mais à la rentrée 2025, une partie des collectivités avait décidé d'arrêter la mesure. Depuis, d'autres ont encore abandonné.

Comme Limoges, Metz ou encore Denain. La ville du Nord ne renouvelle pas l'expérimentation "parce que l'État n'a pas souhaité poursuivre son financement", après l'année 2026-27, selon l'adjoint au maire Emmanuel Cherrier. Avec 1.000 enfants en primaire dans la ville et sans soutien de l'État, "la commune ne pouvait pas poursuivre un tel investissement".

L'évaluation menée en juin 2025 par le service des statistiques du ministère de l'Éducation nationale, en collaboration avec l'organisme indépendant FORS‑Recherche Sociale, a mis en évidence des effets inégaux et globalement limités du port de l'uniforme.

"Ce n'est ni un échec, ni un gâchis. Mais l'expérience montre que l'effet aura été globalement assez faible. Sur les résultats scolaires, on n'a pas perçu de changements particulièrement nets. Sur le climat scolaire, les effets ont été assez inégaux", a reconnu fin août dans un entretien à la presse régionale le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray.

"Si ça ne marche pas, on ne va pas s'entêter. Mais si certains veulent continuer l'expérimentation localement parce qu’elle fonctionne, ils sont libres de le faire", a-t-il ajouté.

Sollicité à plusieurs reprises par l'AFP pour avoir des détails sur le financement pour 2026-2027, le ministère n'a pas donné suite.

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Par Les bureaux de l'AFP, Julia Pavesi avec les bureaux de l'AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

#Uniforms #Education #France #School #Policy

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