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Accident d'avion lors d'un baptême de parachutisme près de Nancy: onze morts

Onze personnes, dont des infirmiers libéraux, sont mortes lorsque l'avion qui les transportait pour un baptême de parachutisme s'est écrasé dimanche à proximité de l'aérodrome de Nancy-Essey, dans ce qui constitue l'accident d'aviation légère le plus meurtier en France.

Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP

Onze personnes, dont des infirmiers libéraux, sont mortes lorsque l'avion qui les transportait pour un baptême de parachutisme s'est écrasé dimanche à proximité de l'aérodrome de Nancy-Essey, dans ce qui constitue l'accident d'aviation légère le plus meurtier en France.

Les victimes sont cinq moniteurs, cinq élèves et le pilote, a détaillé sur place lors d'une conférence de presse le préfet de Meurthe-et-Moselle Yves Séguy. Toutes les personnes à bord sont décédées et "il n'y a pas de victimes collatérales", a ajouté le préfet.

Les élèves étaient un groupe d'infirmiers libéraux, ont indiqué à l'AFP une source proche du dossier et Thierry Pechey, président du Conseil départemental de l'ordre infirmier en Meurthe-et-Moselle. Au moins l'un des cinq exerçait à Nancy, selon M. Pechey.

"Ce sont des collègues qui avaient décidé de faire un baptême de saut en parachute, pour décompresser sans doute, car on a des moments difficiles avec la canicule", a-t-il déclaré.

Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris a annoncé se saisir de l'enquête judiciaire. "Les investigations, nombreuses et d'une particulière technicité, sont confiées à la gendarmerie des transports aériens" (GTA), a-t-il précisé dans un communiqué.

Selon le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA), il s'agit de "l'accident d'aviation générale le plus grave en terme de bilan humain" en France - l'expression "aviation générale" désignant toutes les activités aériennes civiles autres que le transport commercial.

Pour l'ancien président du BEA, Jean-Paul Troadec, "s'il y a eu une panne, ça peut être une panne de moteur, le plus probable". Une mauvaise disposition des passagers à l'intérieur de l'appareil pourrait aussi avoir entraîné un déséquilibre, a-t-il avancé. Ou bien, le pilote a pu faire un malaise, "une hypothèse qu'on va certainement examiner parce qu'il faisait très chaud".

L'avion n'était pas obligatoirement doté d'une "boîte noire", mais les enquêteurs du BEA pourront vraisemblablement s'appuyer sur des vidéos prises par smartphone à l'intérieur de l'avion, ou par des témoins au sol, a supposé M. Troadec.

- "Morts sur le coup" -

"On est choqués. Ça aurait pu tomber sur les maisons", a dit à l'AFP Sabrina Kosmala, 43 ans. Habitante de ce quartier de Tomblaine (banlieue de Nancy) depuis quatre ans, elle raconte qu'"on voit passer des avions tous les jours mais on n'a jamais vu ça. C'est la première fois"

L'accident s'est produit vers 11H25.L'appareil, de type Pilatus immatriculé en Allemagne, s'est écrasé sur une zone herbeuse à proximité de la piste, non loin d'une zone résidentielle et de deux routes.

Les forces de l'ordre sur les lieux du crash de l'avion Pilatus PC-6 à Tomblaine, près de Nancy, le 28 juin 2026 en Meurthe-et-Moselle

Les forces de l'ordre sur les lieux du crash de l'avion Pilatus PC-6 à Tomblaine, près de Nancy, le 28 juin 2026 en Meurthe-et-Moselle

Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP/Archives

"J'ai vu l'avion qui montait (...) il avait vraiment le nez en l'air, et puis tout d'un coup, plus de bruit, et il est parti sur la droite", a raconté aux journalistes un témoin souhaitant rester anonyme.

Dépanneur automobile de profession, cet homme s'est ensuite très rapidement rendu sur le lieu du crash, où il a participé, avec un extincteur, aux efforts pour éteindre les flammes.

"J'ai vu tous les corps sans vie à terre (…) On a vu tout de suite qu'ils étaient morts sur le coup. (…) Je viens d'apprendre que la mère d'une des mes connaissances était dans l'avion", a ajouté ce témoin.

Le baptême en parachute était organisé par l'association Tandemotion et pour certaines victimes "ce baptême était un cadeau", selon le président de l'aérodrome de Nancy, François Pélissier, cité par le quotidien régional L'Est républicain.

L'épave d'un avion Pilatus PC-6 après son crash à Tomblaine, près de Nancy, le 28 juin 2026 en Meurthe-et-Moselle

L'épave d'un avion Pilatus PC-6 après son crash à Tomblaine, près de Nancy, le 28 juin 2026 en Meurthe-et-Moselle

Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP

"C'est dramatique, mais ça aurait pu être encore pire" a dit à l'AFP le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, soulignant que l'avion est "tombé à quelques mètres d'habitations".

Les victimes "sont décédées sous les yeux de leurs proches qui s'apprêtaient à filmer les sauts en tandem", a-t-il déploré.

Selon le préfet, une cellule d'urgence médico-psychologique devait être mise en place pour prendre en charge proches des victimes et témoins de l'accident.

L'accident a nécessité l'intervention de 50 pompiers, 45 agents de police nationale ainsi que du SAMU et la sécurité civile.

Arrivés sur place, les ministres de l'Intérieur et des Transports, Laurent Nuñez et Philippe Tabarot, se sont entretenus avec les secouristes et devaient faire une déclaration à la presse en fin d'après-midi.

A plus de 500 km de là, un autre accident aérien a par ailleurs fait un mort dimanche dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans le crash d'un ULM à La Palud-sur-Verdon.

L'aérodrome de Nancy-Tomblaine, où un avion léger Pilatus PC-6 s'est écrasé, à Tomblaine, près de Nancy, le 28 juin 2026 en Meurthe-et-Moselle

L'aérodrome de Nancy-Tomblaine, où un avion léger Pilatus PC-6 s'est écrasé, à Tomblaine, près de Nancy, le 28 juin 2026 en Meurthe-et-Moselle

Dimitri RAHMELOW - AFP

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Par Pauline FROISSART / Tomblaine (France) (AFP) / © 2026 AFP

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