Yaël Braun-Pivet : "Aucune question ne sera éludée sur l'application StopCovid !"

Yaël Braun-Pivet, députée LREM des Yvelines et présidente de la Commission des lois, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 27 avril sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Yael Braun-Pivet, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 27 avril à 7h40. © AFP

Yaël Braun-Pivet : "Ce qui intéresse les Français, c'est la teneur du plan, pas le jour du vote"

Le plan de déconfinement sera présenté mardi 28 avril à 15h par Édouard Philippe devant l'Assemblée Nationale. Y aura-t-il un vrai débat, puisque le vote aura lieu dans la foulée ? "C'est démocratique que le Premier ministre vienne présenter son plan devant les parlementaires estime Yaël Braun-Pivet, députée LREM des Yvelines et présidente de la Commission des lois. Il n'y était pas obligé, il aurait pu faire une conférence de presse. Nous nous exprimerons dans la foulée et nous voterons le jour même ou le lendemain précise-t-elle. Selon elle, la date du vote est un faux débat. Ce qui intéresse les Français, c'est la teneur du plan, pas le jour du vote. En présentant le plan au Parlement, le Premier ministre fera toute la clarté sur ce sujet et c'est l'essentiel. Le discours et l'organisation des débats est très classique, ça se passe toujours comme ça : lorsqu'il y un discours de politique générale, on vote dans la foulée."

"Je n'ai pas de préférence sur le moment du vote ajoute la députée. Ce qui est important c'est que le débat ait lieu, qu'il y ait un vote et que le Premier ministre présente le plan de déconfinement. Que le vote ait lieu mardi ou mercredi, c'est l'écume des choses ! Ce qui est important, c'est que les décisions en ce moment soient concertées : si nous n'avons pas une adhésion politique ni une adhésion des Français, on n'arrivera pas à sortir de cette crise". Pour obtenir une adhésion, il faut donc une discussion autour de ce plan souligne Patrick Roger. "Le parlement n'est pas relégué au second plan tient à préciser Yaël Braun-Pivet. Les commissions fonctionnent à plein, auditionnent. Le parlement est là, au service des Français, au service du contrôle de l'action du gouvernement". 

110 députés de la majorité préconisent une réouverture progressive des restaurants dès le 11 mai. "La réouverture des commerces fait partie des options de déconfinement mais il faut être extrêmement prudent dans la façon dont on va déconfiner le pays estime Yaël Braun-Pivet. Tout ne sera pas comme avant dès le 11 mai. Il faut y aller prudemment, étudier toutes les options. Que les parlementaires soient aujourd'hui massivement force de proposition et participent à cette concertation indispensable me semble essentiel. Pour la réouverture des restaurants le 11 mai, je ne me prononce pas, je n'ai pas signé le courrier assure la députée. Il faut concerter avec les acteurs de la filière".

 

"Aucune question ne sera éludée sur l'application StopCovid !"

La question du traçage numérique et de l'application "StopCovid" doit être également discutée. "Nous avons déjà discuté en Commission de l'application de traçage numérique affirme Yaël Braun-Pivet, on a un peu déblayé les choses. Ce sera débattu demain au sein de la présentation globale du plan de déconfinement du 11 mai. Ce tracking ne peut être pris en compte que dans le cadre d'une stratégie globale : toute seule, une application n'est pas magique, miraculeuse. Il faut que ça s'insère dans un plan global insiste-t-elle, et le Premier ministre pourra nous dire si il entend l'utiliser, comment il l'utilisera et comment cette brique sera insérée dans le mur de la stratégie globale. Selon elle, le parlement doit être très vigilant car on parle de liberté publique, individuelle, de données numériques. Notre regard doit être accru, il faut être très attentif à ce qu'on n'empiète pas durablement sur nos libertés".

Sur cette question essentielle, il aurait peut-être fallu un débat à part souligne Patrick Roger. "Un débat spécifique sur "StopCovid" était prévu et semblait important confirme Yaël Braun-Pivet. Mais nous sommes peut-être prêts à utiliser ce type d'application si c'est vraiment indispensable dans le cadre du plan de déconfinement et si ça n'est pas indispensable, peut-être pourrions-nous nous en passer. Ça n'est donc pas détachable du plan global, et je continuerai à suivre ce sujet, il faut un contrôle parlementaire uniquement basé sur ce sujet du tracking. Il faut aussi savoir comment l'application sera utiliséeAucune question ne sera éludée autour de l'application" assure-t-elle.  

Le traçage numérique devrait se faire sur la base du volontariat : "pour que le gouvernement puisse utiliser ce traçage sans passer par la partie législative, le consentement de l'intéressé est indispensable" confirme la députée.

 

"Les élus locaux sont au centre du déconfinement mais il ne faut pas que leurs décisions individuelles entraînent de la confusion !"

La Commission des lois a auditionné les "patrons" de collectivités territoriales, qui ont un rôle majeur à jouer dans le déconfinement. "Plus il y aura d'initiatives individuelles qui ne correspondent pas à une spécificité locale, moins les citoyens comprendront quoi que ce soit estime Yaël Braun-Pivet. Mais quand il y a des spécificités locales, il faut que les élus puissent adapter leur façon de faire. Par exemple, un élu local ne peut pas interdire à un citoyen d'être assis sur un banc en Moselle ou à Dieppe, ça n'a pas sens, l'espace public est le même. Pour elle, ça n'est pas de la politique locale, c'est la liberté d'aller et venir des citoyens sur un territoire. En revanche, qu'un élu décide de distribuer des masques aux habitants de sa commune et qu'il ne les oblige pas à les porter dans la rue, c'est de la politique locale. Il faut évidemment aussi discuter avec les maires pour la réouverture des écoles. Les élus locaux sont au centre du déconfinement assure-t-elle, comme ils ont été au centre du confinement. Mais il ne faut pas que leurs décisions individuelles entraînent de la confusion ! La réussite du déconfinement dépend de chacun d'entre nous, élus, citoyens" ajoute-t-elle.

Concernant la mise en place d'un gouvernement d'union nationale, "il faudra prendre toutes les bonnes solutions, d'où qu'elles viennent, pour réussir affirme la députée en Marche. Si certaines personnalités veulent aider la France à traverser ces étapes, ils sont toujours les bienvenus".

 

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