Vers une poussée des nationalismes en Europe ?

Le Rassemblement national repasse pour la 3e fois devant La République en marche dans le dernier sondage IFOP Fiducial pour Sud Radio. Faut-il donc s’attendre à une poussée des nationalismes en Europe ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier, dans "Info Vérité" sur Sud Radio, le 16 mai 2019. Avec pour invités :
- Frédéric Lefebvre, avocat, ancien ministre et vice-président d’AGIR ("La droite constructive") ;
- Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien démocrate ;
- Andréa Kotarac, conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, ancien Insoumis et soutien du Rassemblement national ;
- Paul Moreira, journaliste, fondateur de la société de production "Premières Lignes" et coauteur de l'enquête "Steve Bannon, le stratège de l'ombre", diffusée la semaine dernière sur France 2 dans "Envoyé spécial" ;
- Alain Péréa, député LREM de l’Aude.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Sauf surprise, les nationalistes sont assurés de conforter leur position au lendemain des prochaines élections européennes. Ils pourraient cette fois décrocher 180 sièges, soit le quart de l’hémicycle ! "Ce serait une confirmation de la percée opérée en 2014, estime Véronique Jacquier. Mais un sacré revirement s’est produit depuis les dernières élections. Les populistes ne veulent plus quitter l’Europe ! Ils veulent garder la monnaie unique, rester dans l’Europe, pour peser de l’intérieur. Ils font tous campagne contre l’immigration. C’est fédérateur ! Mais attention, sur les autres sujets, il n’y a pas de consensus ".

Réunir tous les nationalistes en un seul groupe

On trouve ainsi les nationalistes pro-russes et pro-américains, les libéraux des pays baltes et les protectionnistes comme Marine Le Pen... On trouve également les ultra-conservateurs comme les Polonais et ceux qui se fichent de la religion. Même sur l’accueil des migrants, vous avez, d’un côté, l’Italien Matteo Salvini qui plaide pour une répartition et, de l’autre, le Hongrois Victor Orban qui ne veut pas en recevoir. "Les nationalistes sont donc loin de se ranger sous le même pavillon. Et cela aura des conséquences sur l’influence qu’ils souhaiteraient avoir au Parlement européen."
 
Ces nationalistes en tous genres ne vont pas arriver à tous siéger dans le même groupe ? C’est en tout cas l’ambition de Marine Le Pen et de Matteo Salvini de réunir tous les nationalistes sous la bannière de leur groupe, « L’Europe des Nations et des Libertés », pour l'instant fort de 70 membres. "C’est dire comme ils anticipent leur succès. Mais c’est compliqué. Il y a trois autres groupes de populistes. L’alliance la plus probable serait celle entre le groupe de Marine Le Pen, celui de Matteo Salvini et la frange la plus à droite du Parti populaire européen. Mais le Premier ministre hongrois Victor Orban snobe complètement la présidente du Rassemblement national."

Vers une multinationale du nationalisme

Oui, il y aura donc, à l’échelle européenne, une poussée nationaliste lors des élections. Pour autant, faut-il la redouter ? Faut-il succomber à la peur véhiculée par la République en marche ? "Non, car il est peu probable qu’il y ait une grande coalition d’accord sur bien des sujets. Mais les partis traditionnels sont prévenus : les nationalistes n’ont plus l’intention de faire de la figuration."
 

Pour Frédéric Lefebvre, avocat, ancien ministre et vice-président d’AGIR, "la poussée des nationalismes est mondiale. États-Unis, Russie, Chine, Inde, Turquie… Depuis le 11 septembre 2001, il y a une montée très forte de l’extrême-droite. Le grand danger est la guerre géopolitique qui est derrière pour déstabiliser l’Europe, entre la grande Russie et les États-Unis. Une sorte de démocratie parallèle se mettant en place avec Steve Bannon qui parle de 'planter un pieu dans le corps de l’Europe'. Pour créer une multinationale du nationalisme".
 
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