Pierre Moscovici : "Il faut rénover complètement" les idées du Parti socialiste

Au lendemain du second tour des élections législatives qui a vu le Parti socialiste réduit à seulement 29 sièges à l’Assemblée nationale, le commissaire européen Pierre Moscovici, invité de Territoires d’Infos sur Sud Radio et Public Sénat, a assuré que le PS n’est pas mort.

Avec seulement 29 sièges au second tour des élections législatives, le Parti socialiste "a connu un échec comme jamais il n’en avait subi", selon Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, invité de Territoires d’Infos sur Public Sénat et Sud Radio. Lui qui assure avoir "pris du champ" depuis Bruxelles sur la vie politique française a plaidé lundi matin pour "une direction collégiale" à la tête du PS. "Il faut éviter les règlements de comptes et les querelles de personnes", a-t-il dit. La refonte du Parti socialiste doit également passer par une "réflexion sérieuse sur ce qui s’est passé", a ajouté le commissaire européen.

Des Français "confiants" mais avec "des attentes"

Cependant, Pierre Moscovici ne veut pas croire que le Parti socialiste est mort. "Si nous continuons à nous diviser avec le narcissisme des petites différences, en ayant des procès d’intentions, là nous sommes morts. Ce sont les idées qu’il faut rénover complètement", a avancé l’ancien ministre des Finances sous le quinquennat de François Hollande qui a appelé à se poser une question : "Qu’est-ce qu’être socialiste aujourd’hui ?"

Le commissaire européen s’est tout de même montré plutôt satisfait du résultat de ces élections. "Emmanuel Macron a une majorité large mais pas pléthorique. Il y a eu un effet de correction" a-t-il noté avant de poursuivre : "On a envie de dire au travail". Selon lui, les Français "font confiance au Président, mais ils ont aussi des attentes". À en croire Pierre Moscovici, ce même sentiment domine à Bruxelles où "on n’est pas surpris par ce qui s’est passé". Le président français et son gouvernement vont néanmoins avoir du travail pour convaincre les instances de l’Union européenne. "Ce qu’on attend de la France, c’est qu’elle fasse les réformes qui lui permettent d’être plus compétitive", a commenté le commissaire européen.

Bruxelles attentif au déficit de la France

D’ailleurs, le premier grand chantier européen d’Emmanuel Macron sera de respecter la règle de 3 % de déficit dès 2018. "La France est un des derniers pays avec l’Espagne avec un déficit au-dessus de 3 % en terme de PIB. L’Espagne sera, en 2018, en-dessous très probablement des 3 % grâce à une croissance force. Donc la France risquerait d’être le dernier pays de la zone euro à être en déficit excessif", n’a pas manqué de faire remarquer Pierre Moscovici qui se montre pourtant optimiste. "Il se trouve que la France est autour de 3 % (…) Il me semble dès lors qu’on est proche de 3 %, c’est jouable. Il existe les techniques budgétaires pour le faire", a-t-il assuré avant d’ajouter : "Nous allons discuter de manière compréhensive avec la France. C’est de l’intérêt du pays d’être conforme à ses engagements". Selon le commissaire européen, "c’est en 2018 qu’on constatera que la France est sorti ou non de la procédure de déficit excessif".

Pour Pierre Moscovici, sans le respect des 3 % de déficit, il sera difficile pour Emmanuel Macron de convaincre ses partenaires européens de réformer l’Union européenne, notamment l’Allemagne "qui n’est pas spontanément favorable à ces propositions". Selon lui, pour imposer "un budget de la zone euro, un ministre des Finances de la zone euro, un Parlement de la zone euro" il faudrait que la France "soit un pays qui fasse ses réformes et soit exemplaire sur ses dépenses publiques".

Pierre Moscovici s’est également exprimé sur la situation du Royaume-Uni au lendemain d’une nouvelle attaque à la voiture-bélier devant une mosquée à Londres qui a fait au moins un mort. "Nous devons avoir une solidarité pour ce pays si durement touché. Le terrorisme est un phénomène international et il faut que l’Europe s’outille pour lutter contre ce phénomène", a affirmé le commissaire européen. "Le Royaume-Uni même sorti de l’Union européenne restera un pays européen avec qui nous avons l’obligation d’avoir des liens étroits pour coopérer notamment en matière de sécurité".

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