Peltier : "Macron est gênant pour la vieille droite incapable de faire sa révolution"

Guillaume Peltier, député (LR) du Loir-et-Cher

Invité de La Voix de Bilger ce vendredi sur Sud Radio, le député du Loir-et-Cher Guillaume Peltier, vice-président des Républicains, a ciblé la politique menée par Emmanuel Macron, ainsi qu’une partie de la droite.

Député du Loir-et-Cher et maire de la commune de Neung-sur-Beuvron de 2014 à 2017, Guillaume Peltier est très attaché à son statut d’élu rural, et il le fait savoir. Invité de La Voix de Bilger ce vendredi sur Sud Radio, l’ancien membre du Front national, aujourd’hui chez Les Républicains, en profite notamment pour tacler la politique d’Emmanuel Macron. "Nous avons été très fiers avec Laurent Wauquiez et d’autres de lancer dès l’été dernier, par intuition politique, ce grand sujet de la France des territoires et de la fracture territoriale qu’incarne Emmanuel Macron. Il a des qualités et il incarne une certaine fraîcheur dont le monde politique avait besoin. Hélas, cette fraîcheur cache une méconnaissance profonde des aspirations du peuple français, la première d’entre elles étant la volonté de tenir et de porter l’unité de la République. Jusqu’à maintenant, la politique d’Emmanuel Macron est uniquement adressée à cette minorité de Français qui vont très bien et qui habitent les grandes métropoles. Il est train de diviser la France, avec d’un côté les centres urbains – c’est son électorat, c’est ceux pour qui il se bat –, et de l’autre côté la France des quartiers populaires, où vivent une grande partie de nos compatriotes d’origine étrangère qui méritent toute notre attention, et la France des provinces, des territoires et de la ruralité", martèle-t-il.

"Record de la Vème République : 4,5 milliards de nouveaux impôts votés"

Une critique de l’action gouvernementale que Guillaume Peltier poursuit sur le terrain du pouvoir d’achat. "Tout au long de l’automne, certains commentateurs ricanaient lors des émissions quand je dénonçais la communication du gouvernement sur le pouvoir d’achat. Il faut dire qu’elle était très audacieuse : pendant trois mois, tout le gouvernement et la majorité parlementaire ont insisté sur les gains monumentaux que la politique d’Emmanuel Macron allait apporter aux Français en termes de pouvoir d’achat. Et patatras, nous avions raison. Depuis janvier, tout le monde voit bien que le pouvoir d’achat des Français s’érode. Record de la Vème République : 4,5 milliards de nouveaux impôts votés par la majorité Macron-Philippe", assure-t-il.

Désormais deuxième vice-président des Républicains, après avoir misé sur le bon cheval en la personne de Laurent Wauquiez, Guillaume Peltier se réjouit de travailler avec Virginie Calmels, n°2 du parti, en apparence très différente de lui. "C’est vrai que ça peut être inattendu, nous avons deux parcours assez différents. Elle incarne la sensibilité libérale et connaît très bien les grandes métropoles de France en tant qu’adjointe du maire de Bordeaux. Je me réjouis de pouvoir échanger tous les jours avec elle pour confronter intellectuellement nos points de vue. Je suis un élu du monde rural, je connais la ruralité et je vis dans la réalité. Pour Laurent Wauquiez et Les Républicains, avoir à ses côtés deux figures, deux visages aussi complémentaires, je pense que c’est un atout", clame-t-il.

"L’élection de Macron est une opportunité historique et une chance pour la droite"

Si certains observateurs soulignent bien souvent la difficulté de la droite à se positionner clairement face à Emmanuel Macron, Guillaume Peltier, lui, se veut très clair. "Macron est gênant pour la vieille droite, celle qui n’est pas capable de faire la révolution intellectuelle que j’appelle de mes vœux. Pour moi, l’élection d’Emmanuel Macron est une opportunité historique et une chance pour la droite française. Puisqu’il a été élu sur des promesses qu’il ne tient pas, puisque la fraîcheur qu’il porte est en train de se dévitaliser, et comme il a décidé d’être le président d’une partie seulement des Français, l’heure est venue pour la droite française de redevenir une grande droite populaire. Cela signifie parler aux fonctionnaires, que nous avons oubliés, aux Français immigrés des quartiers populaires, que nous avons oubliés, aux classes moyennes, aux travailleurs abandonnés à la gauche et à l’ultra-gauche pendant des années. Voilà le grand défi de la droite française. Si elle continue à s’enfermer dans l’obsession de la statistique, de l’esprit comptable, des PIB, de la TVA, elle ne reprendra jamais le pouvoir. Si elle accepte de faire sa grande révolution, alors nous pourrons revenir aux responsabilités et redresser la France", déclare-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Guillaume Peltier dans le Grand Matin Sud Radio

 

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