Pass sanitaire : "Il faut aller vers les 20% de personnes de plus de 80 ans non vaccinées"

La commission de l’Assemblée nationale doit-elle valider le projet de loi sur l’extension du Pass sanitaire en l’état ? Caroline Fiat, députée La France insoumise de Meurthe-et-Moselle, et Isabelle Florennes, députée des Hauts-de-Seine, porte-parole du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, étaient les invitées du débat le 19 juillet sur Sud Radio avec Philippe David et Judith Beller.

Un pass sanitaire sur un écran de téléphone portable le 4 juillet 2021 (Olivier Morin - AFP).

"À un moment donné, il faut savoir raison garder"

La majorité va-t-elle soutenir le projet du gouvernement à 100% ? "Oui, annonce Isabelle Florennes, députée des Hauts-de-Seine, porte-parole du groupe MoDem à l’Assemblée nationale. Nous allons déposer des amendements dans la journée, notamment sur la clause de revoyure, discuter de l’extension de l’état d’urgence jusqu’à la fin de l’année. Également sur la question des travailleurs indépendants et précaires, qui sont contraints à l’isolement. Le projet de loi a diminué des sanctions qui nous semblaient trop importantes." En effet, le montant de l’amende pour les restaurateurs ne contrôlant pas les pass sanitaires passerait de 45.000 à 1.000 euros.

Caroline Fiat, députée La France insoumise de Meurthe-et-Moselle, ne va pas voter ce projet de loi. "À un moment donné, il faut savoir raison garder. L’OMS explique clairement qu’il faut convaincre plutôt que contraindre. L’obligation fait monter la défiance. Je suis aide-soignante et vaccinée depuis le 5 janvier, grâce à un directeur courageux ayant fait sauter la contrainte d’âge. L’obligation vaccinale pour les soignants ? En 2020, on était des héros ; en 2021, on serait devenus des salauds ? Il faut arrêter de mépriser les soignants. C’est une toute petite minorité qui ne souhaite pas se faire vacciner. Quand le gouvernement parle de cela, il ne parle pas du fait que les infections nosocomiales dans les établissements de santé sont dues au manque d’effectifs, de moyens. Ils n’ont rien fait depuis quatre ans qu’ils sont au pouvoir, et surtout depuis la crise pandémique. Pendant qu’on parle des soignants non vaccinés, on ne parle pas de tout le reste."

 

 

"Ce ne sont pas les bonnes personnes qui vont se faire vacciner"

Plus de 3,7 millions de rendez-vous ont été pris sur Doctolib depuis l’intervention d’Emmanuel Macron. "Il y a tous ceux qui allaient se faire vacciner, qui attendaient un peu mais pour qui c’était prévu, et ceux qui veulent aller au restaurant ou au bistrot mais qui ne sont pas convaincus, ont une défiance par rapport aux vaccins, estime Caroline Fiat. Ce n’est pas bon. Il faudra le gérer derrière. Concrètement, ce ne sont pas les bonnes personnes qui y vont. On n’a toujours pas plus de places en lits de réanimation. 20% de personnes de plus de 80 ans non vaccinées vivent dans leur maison, très isolées. Elles ne vont ni au bistrot ni au restaurant. Vous croyez que si vous leur dites "vous n’irez pas au cinéma", elles vont aller se faire vacciner ? Il faut aller vers ces 20% de personnes de plus de 80 ans qui, elles, risquent d’être hospitalisées et de ne plus avoir de place."

Le timing était-il bon ? Les organisateurs de spectacles risquent de fermer cet été, du fait des nouvelles contraintes imposées par ce Pass Sanitaire. "Vous croyez que nous avons le choix face à l’augmentation exponentielle du virus sur le territoire ?", interroge Isabelle Florennes. La contrainte de ce Pass sanitaire, c’est pour permettre à ces établissements de fonctionner, éviter un nouveau confinement, que nous ne souhaitons évidemment pas. Il faut convaincre. Compte tenu de la reproduction du virus, il faut prendre des mesures. Sinon, l’été sera très difficile. On est dans une course contre la montre."

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