Ouverture ce matin du procès de Jean-Luc Mélenchon à Bobigny

Suite aux incidents survenus lors de la perquisition du siège de La France Insoumise en octobre dernier, le procès du chef de file du parti et de cinq de ses proches vient de s'ouvrir dans un climat électrique, peu après 9h30. Alors que Jean-Luc Mélenchon dénonce un "procès politique" et affirme ne plus "croire en la justice", la garde des Sceaux Nicole Belloubet l'accuse d'être dans "l'invective" et "le complot". Le député LR Olivier Marleix, et l'éditorialiste Françoise Degois ont réagi dans Sud Radio Matin.

Jean-Luc Mélenchon (Photo de CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le Président des Insoumis est actuellement jugé au cours d'un procès qui doit durer deux jours, au Tribunal de Bobigny. Cinq autres coprévenus, dont les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud et l'eurodéputé Manuel Bompard, comparaissent avec Jean-Luc Mélenchon pour "actes d'intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l'autorité publique, rébellion et provocation". Les six prévenus encourent jusqu'à 10 ans de prison, une amende de 150.000 euros et cinq ans dinéligibilité.

 

Le 16 octobre dernier, une perquisition avait été menée au siège du parti de Jean-Luc Mélenchon, dans le cadre de deux enquêtes du parquet de Paris. Celles-ci concernaient les comptes de campagne des présidentielles de 2017, et les conditions d'emplois de plusieurs assistants d'eurodéputés LFI. Ce jour là, le leader du parti s'y était opposé avec une certaine virulence. Il avait notamment appelé ses proches à enfoncer les portes des locaux, alors que la perquisition était en cours. Peu avant, Jean-Luc Mélenchon avait assisté à la perquisition de son propre domicile, et avait dénoncé une "énorme opération de police politique".

 

"Jean-Luc Mélenchon n'a pas fait preuve de discrétion" Olivier Marleix, député LR

À son arrivée au tribunal, Jean-Luc Mélenchon a préféré garder le silence, laissant Alexis Corbière s'exprimer fac à la presse. Le député a déclaré que "tout ça est hors norme, disproportionné depuis le début, y compris cette convocation". Plus tôt dans la matinée, les prévenus ont d'ailleurs reçu le soutien assez inattendu du député LR, Olivier Marleix, sur l'antenne de Sud Radio. Ce dernier espère que les peines "ne seront pas disproportionnées", et a appuyé le fait que les mots "intimidations" et "rébellion", dans l'intitulé de la comparution, était "un peu excessif". Toute fois, Olivier Marleix a précisé que Jean-Luc Mélenchon est "un personnage lui-même excessif", et qu'en conséquence, il "s'expose à vivre des moments semblables". Le député a ajouté que le Président des Insoumis "n'a pas fait preuve de la discrétion que l'on peut attendre de la part d'un parlementaire" lors de la perquisition du siège, contrairement à François Bayrou, qui "avait été plus discret " au moment où le MODEM avait subi le même sort.

"Tout est politique dans ce procès." Françoise Degois, éditorialiste Sud Radio

Cependant, l'éditorialiste Françoise Degois a défendu Jean-Luc Mélenchon sur l'antenne de Sud Radio, en rappelant que cette affaire émanait "d'une simple dénonciation d'une ancienne élue RN, alors que François Bayrou avait été signalé par la Commission européenne". et que ses perquisitions n'avaient pas autant été médiatisées. Françoise Degois appuie également le fait que "tout est politique dans ce procès". Elle pense que "la justice veut théâtraliser cette affaire", et ce depuis le début, car "l'opération d'octobre ressemblait à un démantèlement de cartel colombien".

Cet aspect de l'affaire, éclairé par Françoise Degois, sera notamment l'un des arguments de défense des six prévenus. Juste avant le procès, Alexis Corbière a certifié qu'ils feraient "entendre des arguments [...] qui feront comprendre que depuis le début, cette affaire est politique." Reste à savoir si cette stratégie, qualifiée "de victimisation" par Françoise Degois, se révelera favorable pour les prévenus.