Olivier Faure a écrit au Premier ministre, sur le coronavirus : "Je souhaite la transparence totale"

Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et premier secrétaire du PS, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 25 février sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Olivier Faure, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 25 février à 7h40.

Olivier Faure sur le coronavirus : " je souhaite la transparence totale"

La France active son plan face à la menace du coronavirus. "Pour le moment, le gouvernement a fait ce qu'il fallait faire reconnaît Olivier Faure au micro de Patrick Roger, mais je souhaite la transparence totale. C'est en ce sens que j'ai écrit ce matin au Premier ministre. Dans une pandémie potentielle, la meilleure façon de la traiter, de la maîtriser, c'est de créer les conditions de la confiance. Cela suppose que tout soit mis sur la table. Je souhaite qu'il puisse mettre dans le coup, comme pour l'État d'urgence, l'ensemble des formations politiques : que ça ne donne pas lieu à une surenchère politique. Selon lui, il faut sortir de tout débat politique pour faire bloc, pour faire unité sur une question comme celle-là pour rassurer les Français et éviter toute forme de panique.

 

Le Premier ministre doit aussi mettre dans le coup l'ensemble des collectivités locales ajoute Olivier Faure, qui seront en prise directe avec les populations. Elles doivent être directement informées en permanence, qu'elles sachent quelles sont les consignes à adopter pour ne pas avoir d'une collectivité à l'autre des consignes différentes". Faut-il prendre en France les mêmes décisions qu'en Europe ? s'interroge Patrick Roger. "L'évidence est qu'il faut une réponse européenne estime Olivier Faure, qu'on évite à la fois de céder à une panique contre-productive et qu'on prenne les mesures nécessaires pour enrayer cette pandémie. Dans ces angoisses collectives, c'est aussi le moment où les thèses les plus fumeuses prennent corps. Ça suppose que tout soit dit et que chaque Française et Français ait le sentiment qu'il n'y a pas de place pour le mensonge. Sur la fermeture des frontières, je veux faire confiance à ce stade aux autorités du pays, pour l'instant elles nous disent que ce n'est pas nécessaire, encore faudrait-il qu'on ait toutes les assurances qui correspondent" souligne Olivier Faure.

 

Les hôpitaux publics, en crise, sont-ils prêts ? "Agnès Buzyn est partie malheureusement à un moment où il aurait fallu qu'elle reste regrette Olivier Faure. Elle est rentrée hier dans une polémique stérile avec la maire de Paris en l'accusant de ne pas faire ce qu'il fallait pour la lutte contre le coronavirus, alors que lorsqu'elle était encore ministre, elle l'a félicitée pour son action. Ça prouve que même sur des questions comme celle-là, il faut garder ses nerfs, toute sa décence. Olivier Véran a les compétences techniques affirme-t-il, mais la question pour l'hôpital public est aussi la volonté politique de faire en sorte qu'il se redresse. Aujourd'hui, les soignants n'ont plus les moyens d'assumer leur mission et c'est tout le défi qui est devant nous. L'hôpital est en crise insiste-t-il, le personnel hospitalier me dit à chaque fois son malaise de ne plus pouvoir assumer sa vocation".

 

Retraites : "Le gouvernement joue la montre, fait en sorte que le débat n'ait pas lieu"

Concernant la projet de réforme des retraites, c'est toujours très tendu à l'Assemblée nationale. Olivier Faure a mis en doute la parole  du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, au sujet de la transmission de sa lettre de demande de commission d'enquête sur l'impact de la réforme à Nicole Belloubet. "Je l'ai questionné précise Olivier Faure, et la question se pose. 12 jours après la demande de commission d'enquête, qui est un droit constitutionnel accordé à l'opposition, nous n'avons toujours aucune réponse, pour savoir si nous pouvons démarrer la commission d'enquête dès demain, pour que nous puissions pendant le débat parlementaire renseigner l'ensemble des parlementaires par un certain nombre d'auditions sur la nature de ce qu'est l'étude d'impact. 

Cette étude d'impact dit quelles seront les conséquences attendues d'une réforme. Tous les économistes s'accordent pour dire que cette étude est truquée déplore-t-il, qu'il y a des impasses terribles et que personne ne peut mesurer les conséquences réelles de cette réforme sur les Françaises et les Français. Nous voulons faire apparaître cette vérité. Pour l'instant, la majorité, le gouvernement jouent la montre. Ils cherchent a accélérer le débat et faire en sorte qu'il ne puisse pas avoir lieu pendant de longues semaines, ce qui serait justifié". Il n'y aura peut-être pas de 49-3. "Je suis totalement opposé au 49-3 ! affirme Olivier Faure. Je souhaite que le débat puisse avoir lieu et que les Français découvrent quelles seraient les conséquences du projet".

 

"Ce qui est mort, c'est une façon de faire la politique. Il s'agit de se réinventer"

Un récent sondage révèle que 74% des Français pensent que le PS pourrait disparaître du paysage politique. "L'interprétation de ce sondage est un peu curieuse regrette Olivier Faure, parce qu'en réalité, des Français pensent que provisoirement le PS peut disparaître, mais ils répondent majoritairement qu'il est utile à la vie publique. Et quand on regarde l'évolution des bonnes opinions, c'est le parti qui progresse le plus entre 2019 et 2020 : nous gagnons 8 points de bonnes opinions et on est placé au même niveau que les Républicains ou la République en marche Ce qui est mort, c'est une façon de faire la politique. Il s'agit de se réinventer, il faut réussir à faire émerger un parti du 21ème siècle qui est ce bloc social écologique démocratique, qui peut être le troisième pilier de la vie politique en France".

 

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