NDDL : "Il faut que l'autorité de l'État se fasse sentir" selon Jacques Mézard

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des Territoires

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des Territoires, est l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

L'opération des forces de l'ordre, qui procèdent à une évacuation ciblée de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, a débuté tôt ce lundi. Des échauffourées ont éclaté entre policiers, gendarmes et des zadistes. Un gendarme a été blessé à l'œil.

Invité du Grand Matin Sud Radio, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, a estimé que cette intervention résultait de la nécessité de "rétablir l'État de droit" à Notre-Dame-des-Landes.

 

 

"Il y a quelques agriculteurs, dits historiques, qui resteront, a expliqué le ministre. D'autres ont la volonté de s'installer de manière tout à fait normale, et le gouvernement en a tenu compte. En revanche, pour ceux qui ont décidé de faire une zone de défense, qui sont dans l'illégalité et qui ne veulent pas en sortir, s'il est nécessaire de faire une évacuation par la force, ce sera fait. Pour ceux qui ne veulent pas de l'État de droit, il faut que l'autorité de l'État se fasse sentir. Mais la volonté du gouvernement, c'est qu'il y ait le moins de violence possible."

Universités bloquées : il est "nécessaire" que les examens aient lieu

Interrogé sur les similitudes entre le "rétablissement de l'autorité" à Notre-Dame-des-Landes et dans les universités, bloquées depuis plusieurs semaines, comme à Tolbiac, Jacques Mézard a rappelé que "la police dans les facs, ce n'est pas dans la tradition républicaine", même s'il a indiqué qu'il était "nécessaire que les examens puissent se tenir, parce qu'une immense majorité d'étudiants veulent passer leurs examens".

Le système des emplois francs va fonctionner, parce qu'il est simple

Interrogé sur sa politique à l'égard des quartiers défavorisés et des territoires ruraux, Jacques Mézard a défendu l'action menée par le gouvernement dans ce domaine.

"Le président de la République est très attaché à ce qu'on rétablisse l'équilibre dans les territoires, a-t-il assuré. On a besoin de métropoles fortes, même si je pensais qu'il en fallait moins qu'il n'y en a. Entre les métropoles, nous avons des territoires qui doivent vivre. J'ai lancé il y a quelques jours l'opération Villes Moyennes, sur 222 villes moyennes. On voit sur le terrain ce besoin de faire bouger ces villes moyennes, qui ont souvent des centre-ville avec des logements et des commerces vacants."

Les emplois francs, un énième projet de contrats aidés ?

En plus des territoires ruraux, il y a nécessité d'agir, également, pour les quartiers défavorisés, en grande difficulté, à l'image de la démission du maire de Sevran, Stéphane Gatignon, il y a quelques jours. Si Jacques Mézard ne veut pas "entrer dans cette polémique", il lancera cet après-midi les emplois francs, système d'emplois aidés qui permettra aux employeurs de bénéficier de 5000 euros par an de subvention, pendant trois ans, lorsqu'ils embauchent une personne issue de quartiers défavorisés.

 

 

"C'est un élément important, mais pas le seul, il y a aussi la sanctuarisation des crédits de la politique de la ville et le doublement de la dotation de solidarité urbaine", a rappelé le ministre de la Cohésion des territoires, pour qui ce système d'emplois francs "va fonctionner, parce que c'est simple", contrairement à ce qui a été mis en place par le passé : "Le plan précédent n'avait pas marché car il était trop compliqué et simplement une centaine de cas avaient été mis en place. Le système que nous mettons en place est simple, pratique et utile et il va permettre d'apporter de l'emploi à plusieurs dizaines de milliers de personnes."

Écoutez l'interview de Jacques Mézard dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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