Nathalie Arthaud : "Mulliez fonctionne avec sa logique de fric"

Nathalie Arthaud, candidate Lutte Ouvrière à l'élection présidentielle, était l'invitée du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

Nathalie Arthaud
Nathalie Arthaud, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, le 30 mars, dans "le petit déjeuner politique".

Campagne de la présidentielle, fins de mois difficiles, affaire McKinsey, guerre en Ukraine : Nathalie Arthaud a répondu aux questions de Patrick Roger.

Nathalie Arthaud : "Le groupe Mulliez fonctionne avec sa logique de fric"

L'enseigne Mulliez, très implantée en Russie, n'a pas complètement suspendu ses activités là-bas. "Le groupe Mulliez fonctionne avec sa logique de fric, dénonce Nathalie Arthaud. Il a décidé de laisser tomber Decathlon parce qu'ils ont un problème de fonctionnement. D'après elle, à partir du moment où Auchan tourne et continue à faire du fric, ils continuent ! Pour toutes ces grandes entreprises, c'est le business avant tout. Elles regardent ce qui va nuire à leur image mais elles sont guidées par leur portefeuille. Certaines décident de partir d'autres rester, mais ce n'est pas pour des considérations humanistes ni géopolitiques".

"Ma perspective, c'est qu'on exproprie ces grands groupes, que la population puisse les diriger. On nous raconte des contes de fées, que ces grandes multinationales ont été créées par des self-made men, à la force du poignet. Mais c'est le fruit de générations de salariés, et souvent de pas mal d'aides publiques. Mulliez devrait être exproprié, comme Total. Ce sont mes perspectives communistes depuis longtemps. On devrait faire en sorte que ces grands groupes qui font la pluie et le beau temps soient gérés de façon démocratique, répondent aux besoin de la population et fonctionnent pour respecter leurs salariés".

 

"On va vers une explosion sociale !"

Pour certains observateurs, le match est déjà plié en faveur d'Emmanuel Macron. S'il est réélu, ce serait l'explosion sociale, assure Nathalie Arthaud. "Je suis sûre qu'on va vers une explosion sociale ! Toute la situation se dégrade, ça s'aggravera avec les conséquences de la guerre en Ukraine, avec une déstabilisation économique complète". "Bruno Le Maire nous a dit que ce qu'on subit est de l'ampleur du choc pétrolier de 1973. Emmanuel Macron a prévenu qu'il y aura moins de croissance et plus d'inflation. Tout est en train de se dégrader. Chaque fois qu'il y a des crises et des guerres, ce sont les petites gens qui le paient. il y aura des explosions de colère, des explosions sociales. J'espère qu'elles parviendront à inverser le rapport de force et faire qu'on impose les sacrifices à ceux qui ont du fric plein les poches !"

Pour elle, les mesures du gouvernement sur l'essence ne sont pas suffisantes. "C'est l'ensemble des prix qui augmentent, les produits alimentaires, les loyers, précise Nathalie Arthaud. Ce n'est pas une petite remise par ci, un petit chèque par là. Il faut pouvoir vivre de son salaire, de sa pension, de ses allocations". Quant au blocage des prix, "il s'agit de bloquer les prix de qui ?, interroge-t-elle. Dans cette société, on peut en demander aux petits artisans, aux petites entreprises, aux chômeurs, aux salariés. Mais imposer des sacrifices aux plus gros, aux multinationales, à ceux qui contrôlent le secteur de l'énergie ? Ceux qui aujourd'hui profitent de la situation pour spéculer ? Les profiteurs de guerre comme Total. Tous ces groupes énergétiques qui aujourd'hui nous prennent en otage. Ils manipulent le marché dans le sens qui leur va bien".

 

 

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