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Latifa Ibn Ziaten : "On n’est pas dans un stade de football ! On ne respecte même pas les morts, où va-t-on ?"

Par La rédaction

ENTRETIEN SUD RADIO - À Toulouse, Latifa Ibn Ziaten, mère d’un militaire assassiné par Mohamed Merah, a réagi après les huées contre François Piquemal lors de l'hommage rendu aux victimes de Merah en 2012.

Latifa Ibn Ziaten
Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime de Mohamed Merah (c) AFP

A 3 jours du second tour des élections municipales, François Piquemal, le candidat de l'union de la gauche LFI-PS, et certains de ses colistiers, ont également copieusement sifflés et hués hier à Toulouse lors d'une cérémonie qui s’est tenue hier en hommage aux victimes de Mohammed Merah, tuées en mars 2012.

Devenue une figure de la lutte contre la radicalisation et pour le vivre-ensemble, Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad, militaire français tué sous les balles de Merah, a réagi à cette bronca et regretté qu'elle soit venue gâcher l'hommage aux victimes au micro de Sud Radio.

"Même en présence d’un politicien qui n’est pas à sa place, ils ont oublié les familles et les victimes"

"C’est triste de siffler au moment d’un hommage aux victimes, réagit Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten, militaire assassiné à Toulouse le 11 mars 2012, première victime de Mohamed Merah, au micro de Maxime Lledo, sur l’antenne de Sud Radio. Nous sommes là pour rendre hommage à nos enfants. Même en présence d’un politicien qui n’est pas à sa place, ils ont oublié les familles et les victimes. Ils ont tout oublié pour humilier un politicien. Il aurait fallu le faire après. "

"C’est triste de siffler au moment d’un hommage aux victimes"

"Si j’avais été là, j’aurais pris un micro et protesté. La souffrance est là, comme si c’était hier. On n’est pas dans un stade de football. On ne respecte même pas les morts, où va-t-on ?" Avec son association, Latifa Ibn Ziaten lutte contre la radicalisation. Comprend-elle néanmoins une telle réaction excessive ? "Personnellement, j’ai dédié ma vie au vivre ensemble pour éviter un autre Merah. On ne siffle pas à un tel moment, on le fait après."

"Les gens qui sont là pour nous ne doivent pas siffler"

Aurait-il fallu interdire aux élus de LFI de participer à cette cérémonie ? "On ne peut pas interdire aux gens d’être là, rappelle Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten, militaire assassiné à Toulouse le 11 mars 2012, sur l’antenne de Sud Radio. C’est lui qui a souhaité être présent. Les gens qui sont là pour nous ne doivent pas siffler. J’ai trouvé cela très dur, cela m’a fait très mal."

"On doit vivre ensemble, on ne peut pas importer en France ce qui se passe ailleurs"

Que pense-t-elle de la montée de l’antisémitisme. "Je ne pense pas que la France change, mais l’humain. On doit vivre ensemble, on ne peut pas importer en France ce qui se passe ailleurs. Les gens mélangent tout, il n’y a pas de limites. Ce n’est pas cela la France. On a vraiment besoin de tolérance aujourd’hui. Il y a un malaise. Chaque citoyen qui peut créer la paix et le vivre ensemble doit aller vers l’autre."

Retrouvez "C'est à la Une" chaque jour à 7hA0 dans le Grand Matin Sud Radio avec Maxime Lledo

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