McKinsey : "On est au bord du scandale d'État" estime Jordan Bardella

Jordan Bardella, président du RN et député européen, était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio. Il est notamment revenu sur ce qu'il appelle "l'affaire McKinsey".

Le Pen
Jordan Bardella, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 22 avril, dans "le petit déjeuner politique".

Cabinet McKinsey, campagne de Marine Le Pen, bataille pour le second tour, duel avec Éric Zemmour, guerre en Ukraine : Jordan Bardella a répondu aux questions de Patrick Roger.

Jordan Bardella : "Je regrette que l'affaire McKinsey fasse si peu de bruit !"

Le cabinet de conseil américain McKinsey est au coeur d'une enquête sénatoriale s'intéressant aux missions effectuées par les cabinets de conseil en stratégie pour le compte du gouvernement. Les pouvoirs publics y seraient trop dépendants et le Sénat pointe l'optimisation fiscale des filiales françaises de McKinsey. Pour Jordan Bardella, "on est au bord du scandale d'État. Je regrette que l'affaire McKinsey fasse si peu de bruit ! Sur l'intégralité du quinquennat, Emmanuel Macron et son gouvernement ont payé presque 4 milliards d'euros d'argent public à des cabinets de conseil, dont 41 millions à McKinsey pendant la gestion du Covid", dénonce-t-il.

"La ministre de la Fonction publique a menti sous serment devant la représentation nationale en expliquant que les dépenses aux cabinets de conseil n'avaient pas augmenté. Or, elles ont explosé sous Emmanuel Macron, elles ont doublé depuis 2018. La lumière doit être faite sur cette affaire. Cet entre-soi, ce copinage doit être sanctionné dans les urnes", estime le président du RN. Il dénonce "ce recours à des cabinets privés pour faire prendre des décisions dans l'intérêt général". "On ne peut pas laisser ces gens-là prendre des décision dans un entre-soi, remettre le volant de la voiture France à des intérêts privés qui ne paient pas des impôts en France et qui sont des cabinets américains".

"Aux électeurs d'Éric Zemmour, ne gaspillez pas et ne dispersez pas vos voix"

Éric Zemmour promet une démonstration de force dimanche 27 mars. "Éric Zemmour est aujourd'hui donné sous la barre des 10%", rappelle Jordan Bardella. Il lance un appel à "ses électeurs qui sont des patriotes sincères : ne gaspillez pas votre voix ! Il faut voter utile, pour la candidate la mieux placée. On n'est pas en guerre, souligne le président du RN. On a eu des stratégies différentes. Ses électeurs sont des patriotes sincères et ne veulent pas de la réélection d'Emmanuel Macron. Il faut voter pour la candidate la mieux placée pour le battre".

Pour Jordan Bardella, "Éric Zemmour ne peut pas se qualifier pour le second tour, parce qu'il n'est pas en capacité de rassembler les Français. Il est dans un toboggan dans les sondages, sa campagne patauge et trouve des positions les plus radicales, les plus démagogiques possibles pour se distinguer. Que propose-t-il sur le pouvoir d'achat ? Éric Zemmour est en train de payer dans les sondages le fait de ne pas avoir pris en compte cette inquiétude des fins de mois difficiles des Français".

"Attention à ce que sanctionner la Russie ne revienne pas à se sanctionner soi même"

Le président Ukrainien Zelensky va s'exprimer en visioconférence devant les parlementaires français. Le RN devrait être présent. "Il n'y a pas eu d'hésitation, affirme Jordan Bardella. Marine Le Pen est en campagne avec un agenda très chargé, mais elle s'est libérée de ses obligations pour être là". Pour le député, l'Ukraine est un modèle de résistance. "C'est toujours admirable de voir un chef d'État défendre les intérêts de son pays, qui plus est quand il est en guerre. Même si c'est son travail. Personne ne sait jusqu'où va aller Vladimir Poutine. Nous respectons le travail de la diplomatie française et d'Emmanuel Macron, qui a essayé de maintenir un lien diplomatique avec la Russie".

Pour Jordan Bardella, "En géopolitique, si ce n'est pas la diplomatie, c'est la guerre. On n'a aucun intérêt à rentrer en guerre avec la Russie". "Il faut maintenir une pression diplomatique sur la Russie, on a soutenu le principe de sanctions sur les dirigeants russe, mais on reste assez prudents sur des sanctions économiques prises un peu n'importe comment, qui pourraient avoir des conséquences très dures pour les Français et leur pouvoir d'achat". "Attention à ce que sanctionner la Russie ne revienne pas à se sanctionner soi-même". "Les sanctions économiques notamment sur les filières agricoles russes depuis 2014, jettent la Russie dans les bras de la Chine. Or, personne n'a intérêt à le faire".

 

 

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