Marc Fesneau : "Je n’ai pas envie d’avoir à choisir au deuxième tour entre M. Mélenchon et Mme Le Pen"

Marc Fesneau, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 11 mars 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Marc Fesneau interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 11 mars 2021 à 7h40.

Marc Fesneau : "On ajuste les dispositifs"

Le reconfinement en Île-de-France n’a toujours pas été acté, ce qui provoque l’incompréhension de certains soignants alors que l’épidémie explose. "La stratégie du gouvernement, elle est simple", explique Marc Fesneau, c’est à la fois "la stratégie de la vaccination" et celle de l’adaptation de la stratégie au niveau territorial en fonction des données objectives. "Au fur-et-à-mesure on ajuste les dispositifs", précise-t-il.

 

Dunkerque et Nice restent confinées le week-end, alors que les indicateurs sont globalement les mêmes qu'en Île-de-France. "Confiner 12 millions d’habitants n’est pas de même nature que confiner une ville ou la Côte d’Azur", souligne le ministre délégué. "Quand on prend une mesure nationale, on nous dit ce n’est pas assez territorialisé, et quand on prend une mesure territorialisée...", regrette-t-il tout en déclarant comprendre la frustration. "La stratégie, depuis le début, c’est de tout faire pour éviter un reconfinement", réaffirme Marc Fesneau.

 

"C’est une responsabilité collective"

Des professeurs ont été accusés d’islamophobie à Grenoble, et sont désormais sous protection rapprochée à cause des menaces qu’ils ont subies. "Je trouve que cette pratique qui consiste à jeter en pâture des noms est désastreuse", confie le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne. "C’est une pratique détestable en démocratie".

Pour lui, c’est surtout à cause de gens "qui en tirent des conclusions" et "après passent à l’acte" que cette pratique finit par être dangereuse. "C’est une responsabilité collective", juge-t-il, car la société est "de plus en plus violente". "Il faut qu’on fasse attention et qu’on soit vigilants", estime le ministre.

 

"Il n’y a pas un camp contre un autre"

La loi Climat semble diviser les rangs de la majorité, certains LREM étant plutôt écologistes et d’autres plus libéraux. Marc Fesneau rappelle que la question du "risque de fracture" est posée "à chaque texte qui a des enjeux importants". "Je vois les débats qui se passent en commission qui sont des débats éclairés et intéressants", assure-t-il : "il n’y a pas un camp contre un autre" mais "une volonté collective" sur le défi climatique.

S’il faut résoudre le problème écologique il faut aussi rendre cette question "acceptable pour les Français". "Je ne connais pas de politique qui fonctionne quand on la fait contre les gens", estime le ministre. Sur cette loi, qui oppose plusieurs branches de l’activité française, "il faut qu’on trouve et qu’on tienne un point d’équilibre : c’est la responsabilité politique".

Un référendum visant à inscrire dans la Constitution la protection de l’environnement a été évoqué par Emmanuel Macron. "C’est l’objectif", confirme le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne. Il évoque toutefois un calendrier encore flou qui porterait le référendum à la fin de l’année 2021, au mieux à l’automne.

 

"Une voie pour pacifier le débat public"

La réforme de la proportionnelle semble avoir été abandonnée, ce que semble regretter Marc Fesneau : "Je pense que c’est une voie pour pacifier le débat public". Pas seulement, puisque selon le ministre délégué, "ça participe à la représentation plus large de certaines formations politiques qui font des scores importants et qui ne sont pas représentées à l’Assemblée nationale".

C’est le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, qui a déclaré qu’il craignait que ce ne soit trop tard pour réaliser la réforme. "Il n’a pas dit qu’on ne le ferait pas", précise Marc Fesneau. "Ce n’est pas une affaire de la majorité, c’est une affaire de nos institutions démocratiques", tient à rappeler Marc Fesneau qui appelle les oppositions à relancer le projet. "Il reste du temps pour le faire".

 

"On peut offrir autre chose aux Français"

Le front républicain est au centre de l’issue de la prochaine présidentielle en 2022 où Marine Le Pen semble bien partie pour se retrouver, une nouvelle fois, au deuxième tour. Certains élus ont déclaré qu’en cas de deuxième tour Mélenchon-Le Pen, ils voteraient pour le premier. "Je n’ai pas envie d’avoir à choisir au deuxième tour entre M. Mélenchon et Mme Le Pen", confie Marc Fesneau.

Pour lui, il faudrait que les élus "se mettent en situation que Mme Le Pen ne soit pas au deuxième tour ; ou que M. Mélenchon ne soit pas au deuxième tour". "Leur responsabilité, c’est celle-là", insiste-t-il. Marc Fesneau a déjà fait son choix : "au premier et au deuxième tour, je voterai pour Emmanuel Macron". Il demande que les autres partis "fassent naître des candidatures" qui permettent que les Français n’aient pas "à choisir à chaque fois entre Mélenchon ou Le Pen". "On peut peut-être offrir autre chose aux Français", propose le ministre délégué.

 

 

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