Le regard libre d'Elisabeth Lévy : Michel Onfray, l'homme qui ne plaisait pas au Monde

Michel Onfray ne fait donc plus partie du camp du bien. Non, c'est Le Monde qui l'a décrété dans un article hier. Si le journal ne partage plus depuis déjà plusieurs années la ligne du philosophe, toutes les méthodes sont donc apparemment bonnes pour le discréditer. Sous la plume du journal, Onfray serait devenu un profond idéologue d'extrême droite puisque Robert Ménard ou Alain de Benoist ont décidé de le lire. Quid de la pensée et des idées puisque, le philosophe qui met en place sa nouvelle revue Front Populaire, est donc dorénavant attaqué sur les personnes qui oseraient l'apprécier.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

 

 

Un article du journal Le Monde sur Michel Onfray vous fait réagir

Au Monde, ils devraient créer une rubrique Chasse aux sorcières ou Police de la pensée car ils dénoncent régulièrement les réseaux secrets, l’influence pernicieuse et le pouvoir occulte des réacs, populistes et autres crypto-lepénistes. Cette fois, c’est Onfray et sa revue Front Populaire qui sont dans le viseur. Le titre de l'article : « Avec sa nouvelle revue, Michel Onfray devient la coqueluche de l’extrême droite. » signé, non pas par les spécialistes des idées mais par les rubricards qui suivent le RN (qui pour Le Monde appartient à l’extrême droite). 

En dehors du titre, qu’est-ce qui vous déplait ?

D’abord la méthode digne des procès de Moscou. Cet article ne discute pas les idées, il tente de disqualifier les personnes. On dresse des listes noires sur le principe de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours qui a vu la cousine de Le Pen (la routine). Là, Le Monde franchit un nouveau degré puisqu'il attaque le philosophe sur ses lecteurs. Les deux limiers ont épluché la liste des 17000 abonnés-souscripteurs et en ont ressorti triomphalement 5 ou 6 noms (Alain de Benoist ou encore Robert Ménard), on les tient chef. Le premier crime d’Onfray c’est donc de plaire à des gens qui déplaisent au Monde. 

Il y a aussi une critique sur le fond. 

Rien sur le contenu de la revue. Sinon c'est toujours la même rengaine. Les rapprochements douteux entre les deux rives. Ainsi on salit des belles idées de gauche avec des mauvaises fréquentations de droite. Ces gens parlent de l’islam, de nation, d’enracinement. Bref, ils n’adhèrent pas à la vision sans frontiériste du Monde. Depuis trente ans, les prêches dispensés à la France qui roule au diésel, fume des clopes et parfois vote Marine Le Pen n’ont pas empêché les idées souverainistes de progresser. Cet article ne fera donc pas perdre un lecteur à Onfray au contraire. En revanche, il en rapportera au Monde qui capitalise ainsi la popularité de ses adversaires (même chose avec Zemmour). Ce que les journalistes politiques appellent la triangulation. Ou du bon marketing.